365 jours par année, 10 ans...
10 ans, c'est court. Mon petit homme a 10 ans, a encore eu les yeux brillants de recevoir un toutou chien et m'a fait des cartes de Noël avec des coeurs et des bisous.
C'est court, 10 ans.
C'est plus que le quart de ma vie, mais à peine.
10 ans, c'est l'âge où lentement, on entre dans la période où nos amis prennent plus de place que nos parents.
10 ans, c'est le nombre d'années où j'ai dû apprendre à vivre sans ma maman.
Dix. Et c'est comme si c'était hier.
Parce que dix ans, c'est encore moins que le nombre d'années que j'ai eu avec elle. Mais ce sont des années importantes. Elle a manqué ses petits-enfants qui grandissent (son petit fils avait 8 mois et sa petite fille avait 2 ans). Elle m'a surtout manqué chaque jour, depuis dix ans.
Chaque fin d'année, le 31 décembre, j'ai l'impression de lire la dernière page d'un livre. Le lendemain, on a la permission d'en commencer un nouveau, si on n'a pas aimé l'histoire. Malheureusement, on a tout de même peu de contrôle sur l'histoire en général, mais on peut influencer une partie de l'action.
Chacun de mes dix derniers livres s'est terminé sur la même phrase, à 14h le 31 décembre. Maman, tu me manques.
L'année 2015 a été une année sous le signe de la maladie.
Malgré le sentiment que ça a été une année de "m**de", je peux tout de même célébrer le fait que je suis encore en vie. J'y ai survécu.
Je réalise que chaque 1er janvier, on ne sait pas si c'est la dernière année qu'on commence. On ne sait pas si on en verra la fin.
Ma mère, en 2005, a décidé de quitter le 31 décembre. Pas en 2006. Elle n'a pas traversé le pont.
Il y a eu un moment, que j'ai réalisé après, où j'ai failli ne pas connaître 2016.
Honnêtement, je ne sais pas ce que 2016 me réserve. Bon ou mauvais, je suis juste heureuse d'avoir la chance de voir ce qui m'attend.
Je ne prends pas de résolution, mais je choisis un mot-phare, comme chaque an depuis longtemps.
2016=changement.
Ce qui changera? On verra. Le changement n'a pas besoin d'être drastique. Mais ma vie a besoin d'un nouveau chemin.
Souhaitons-moi maintenant d'être inspirée et de trouver la voie.
Bonne année!
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1 janvier 2016
2 septembre 2015
Anémie, agonie et compagnie (part 2)
écrit par
Unknown
à
13 h 58
Ou le récit d'une année de "marde" (désolée!!)
Récit de problèmes de santé. Je me dis qu'avoir tant googlé dans les derniers mois, un jour, ce sera peut-être utile à quelqu'un.
L'endométrectomie http://www.igogyneco.com/activites-medicales/pathologies-gynecologiques/hysteroscopie/indications-de-lhysteroscopie-operatoi-3 est prévue pour le début mai.
Opération d'un jour. J'arrive à jeun à l'hôpital. Enfile jaquette. Attend mon tour. Je devais y être pour 10h, j'ai fini par passer il était presque 15h. On m'installe sur la civière. On me met les bras en croix. On me met l'oxygène dans le nez, on me dit qu'on va m'injecter quelque chose de très relaxant et paf. Je me réveille dans une autre pièce, mon chum est assis à côté de moi et une infirmière me tripote le bras. (vraiment, c'était relaxant!!)
"Madame, le médecin a laissé cette note pour vous"...
Sur le papier ça dit "intervention n'a pas fonctionné. rendez-vous lundi matin 9:00 à mon bureau pour discuter des options".
J'ai donc passé le weekend à me demander ce qui s'était passé et ce qui se passerait par la suite.
Lundi 9:00, bureau du gynéco.
"Madame, j'ai fait un curetage, mais je n'ai pas pu brûler l'endomètre. Votre utérus est rempli, le fibrome ne fait pas 5cm mais bien la taille d'un pamplemousse!"
Je ne suis pas bonne en maths, mais je connais mes agrumes. C'est un peu pas mal plus gros, surtout quand il le mime avec ses grosses mains.
Il me reste donc deux options, tout aussi agréables une que l'autre. L'hystérectomie (la grande opération) ou aller enlever le fibrome. Par contre, selon le doc, ça relève du héros d'aller l'enlever ET si je ne veux plus d'autres enfants, c'est inutile, puisqu'un autre finira par revenir et que cette intervention est toute aussi envahissante que l'hystérectomie.
Je retourne donc travailler, parce que même si je ne vais pas mieux, je sais maintenant que j'aurai une longue convalescence très bientôt (je suis travailleurs autonome, alors pas de congé maladie, hein).
Tant qu'à subir ça, j'ai demandé si je pouvais pousser ma luck et choisir grosso modo la date de l'intervention. Il semble que oui. Alors fin juin ce sera. Tant qu'à être en congé forcé, aussi bien rentabiliser le tout en se sauvant du camp de jour et en offrant un été relax aux enfants.
Mi-juin, 2 semaines avant l'intervention, mon chum est aux États-Unis. Je perds du sang à profusion, je suis épuisée. J'ai des chutes de pression (pas pratique perdre connaissance dans la douche..), j'ai le coeur qui bat fort, je n'arrive plus à manger. Je suis seule avec les enfants. Je tente de tenir le coup mais un matin, au boulot, j'en ai mal au coeur et j'ai peur de tomber au moindre mouvement. Je décide de retourner à la maison. Ça me prend 45 minutes avant d'être capable d'embarquer dans ma voiture et m'en aller chez moi, rendant tout le monde inquiet. On est mardi. J'ai mon rendez-vous préopératoire jeudi matin, je parlerai à l'infirmière si je ne vais pas mieux. De toute façon, même si je réussis à voir mon docteur, il me prescrira un autre arrêt de travail et du repos. En attendant jeudi, à la maison, me lever pour aller me chercher un verre d'eau est une épreuve. Je pleure au téléphone en parlant à mon amoureux qui me dit "tiens bon, je reviens vendredi soir... repose-toi". Mais s'il savait qu'à part immobile sur le divan, rien n'est reposant...
Ça aurait pu être une grave erreur.
Mercredi, incapable d'aller travailler. Jeudi, je vais reconduire les enfants (je ne sais toujours pas comment) au service de garde et me rends à l'hôpital (30 minutes de route) pour mon rendez-vous préop. Toute la semaine, j'ai texté quelqu'un en entrant et en sortant de la douche. J'ai donné des rapports quasi horaires à une amie de mon état. Je ne réalise pas tout à fait que je suis dans le pire état que je n'ai jamais été. Et que l'infirmière du préop fera bien plus que son petit boulot de base, ce matin-là.
Je n'ai pas de prise de sang à mon dossier pour cette rencontre, seulement le matin de l'opération. Elle me fait asseoir, m'installe pour la pression. Son regard change. Mon pouls est à 130. J'ai marché 7 pas entre la salle et son bureau. Ma pression est basse. Trop.
Elle décide de me passer une prise de sang malgré la note au dossier. Je quitte ensuite avec un "Soyez prudente, madame."
Je retourne à la maison me reposer. Le téléphone sonne. C'est elle.
"J'ai reçu vos résultats de prise de sang avant d'aller dîner, je ne pouvais pas attendre pour vous appeler. Madame, vous êtes vraiment basse..."
Ah bon? Combien? Parce que tsé moi, 60 d'anémie, ça ne me fait pas peur!!
"48, madame..."
Oups. Ouin. Branle-bas de combat, elle me demande de me présenter à l'hôpital pour une transfusion IMMÉDIATEMENT et de ne pas conduire. Résumé: je suis seule, mon chum est à plusieurs heures d'avion, on est jeudi, les enfants sont à l'école et mon anémie est à 48.
Bon. Pour vous donner une idée, quand même, parce que le médecin de l'urgence l'a ensuite dit... À 48, on n'est pas très loin du danger de mort. En fait, on EST en danger de mort si rien n'est fait. C'est comme une pas pire giga urgence quand même.
J'ai réussi à caser les enfants après l'école au service de garde, trouver une amie qui ira les chercher là pour les amener souper chez elle et trouver un lift jusqu'à l'hôpital.
Rendue là, l'infirmière du triage rit presque de moi.
Non, on n'a pas votre dossier. Personne ne nous a avisé de votre arrivée. On va vous la faire la prise de sang, mais juste parce qu'on est d'adon, rien ne nous y oblige. Son collègue pousse même la note jusqu'à dire "c'est elle la patiente à 48? voyons elle n'a pas l'air si mal en point..."
Parce qu'on me fait poireauter dans la salle d'attente, je prends MON cellulaire, j'appelle l'infirmière du pré-op MOI-MÊME (parce que non, on ne va pas l'appeler pour savoir ce que vous faites ici madame) et elle me demande de donner mon téléphone à l'infirmière du triage pour qu'ils accélèrent mon dossier.
Vous imaginez le portrait un peu? Moi, blême, faible, qui donne mon cellulaire par la porte du triage à l'infirmière, qui change soudainement d'attitude, m'offre une chaise roulante et me fait passer un électrocardiogramme en 5ème vitesse... On m'installe sur une civière, on m'envoie le médecin de garde. Il a prononcé le mot mort. Quelques fois. Selon sa face, je crois qu'il jugeait que je ne comprenais pas la gravité. Le mot transfusion aussi (le moins surprenant du lot) et les mots "on vous opère demain matin, après les 10h de transfusion"
Minute là! Mon chum n'est pas au pays. Mes enfants ne savent même pas encore que je suis à l'hôpital, c'est la fin de l'Année scolaire, il n'y a rien de prêt pour moi être hospitalisée plusieurs jours puis en convalescence, je ne suis pas prête à ça moi! Je venais recevoir une poche de sang, on m'annonce que ce sera 4. Je pleure, je panique. J'appelle mon amoureux... Vous imaginez, il est dans un autre pays et il est inquiet, et ne peut quasiment rien faire. Il aura tout de même réussi à orchestrer grand-maman qui est venue récupérer les enfants pour la nuit à la maison, à me trouver une amie qui viendra me rejoindre pour mes heures de transfusion et me ramener à la maison après.
4 culots de sang, c'est 2h par sac, plus 2h d'attente après pour une prise de sang qui DOIT dépasser 90.
J''ai réussi à convaincre le docteur qu'après les transfusions, je ne VOULAIS PAS être opérée.
J'irais voir mon gynéco en sortant et on organiserait la suite.
On me branche et j'attends. Dans le couloir de l'urgence. Chaque infirmière commente ma couleur. On rigole avec le fait que je suis en train de vider la réserve de O-, mais je rigole pas tant. L'infirmière qui s'occupe de moi me dit que je suis son premier cas -sur pieds- d'anémie à 48... Qu'elle en a vu, des cas d'hémorragies en cas d'accidents. Que 4 culots de sang, c'est plutôt rare. Qu'elle ne peut pas croire que je m'occupais seule des enfants et que je travaillais encore deux jours plus tôt.. Bref, je comprends que mon état est grave.
Mon chum s'est trouvé un vol de retour plus tôt. Ma belle-mère a dormi à la maison. Mes enfants doivent se questionner et moi, je panique un peu.
Je réalise soudain que j'étais allée vraiment loin. Vraiment limite.
Lendemain matin, 6:00, on me libère. Je suis à 91.
En arrivant chez moi, l'infirmière du préopératoire appelle. Elle veut savoir comment je vais. J'en profite pour lui expliquer que je dois voir un médecin aujourd'hui, prendre une décision. Elle me dit de rester à jeûn et de me pointer, elle a réussi à m'obtenir un rendez-vous avec le gynéco de garde.
Je me rends là, avec mon amie. Les enfants sont à l'école.
Évidemment, rendue là, on m'a donné un rendez-vous avec le gynéco de garde.
Pendant l'attente, mon amoureux arrive. Frais sorti de l'avion, terriblement inquiet.
Le doc refuse de m'opérer d'urgence (il y a des risques et je suis remontée.).
Évidemment, rendue là, je suis pas pire en forme. Je suis à 91, ça fait des mois que je vacille entre 60 et 85.
Le gynéco me demande si ça m'est passé par la tête que je sois enceinte.
Je vous épargne ce qui m'est passé par la tête. Parce que tsé, ça fait 9 mois que ça dure, que je saigne comme si on m'avait ouvert la jugulaire parfois. Oui, j'ai un bébé bionique qui s'accroche à un utérus en perdition depuis des mois. Je lui parle du fibrome découvert lors de l'endométrectomie. Il rit, me dit que c'est écrit 5 cm au dossier. Je lui dis que clairement, ça a changé. Il me répond qu'un pamplemousse et 5 cm, c'est pareil. (Constat: un gynéco pis des agrumes, c'est pas connecté!)
Interdiction d'efforts, de travail et on attend la date d'opération. Cocktail de médicaments, pilule contraceptive, alouette. On mettrait un bouchon que ça serait moins encombrant. Mais le but, c'est de se rendre au 30 juin...
Et soudain, après mes dernières 48 heures, j'ai peur de ne pas me rendre...
Récit de problèmes de santé. Je me dis qu'avoir tant googlé dans les derniers mois, un jour, ce sera peut-être utile à quelqu'un.
L'endométrectomie http://www.igogyneco.com/activites-medicales/pathologies-gynecologiques/hysteroscopie/indications-de-lhysteroscopie-operatoi-3 est prévue pour le début mai.
Opération d'un jour. J'arrive à jeun à l'hôpital. Enfile jaquette. Attend mon tour. Je devais y être pour 10h, j'ai fini par passer il était presque 15h. On m'installe sur la civière. On me met les bras en croix. On me met l'oxygène dans le nez, on me dit qu'on va m'injecter quelque chose de très relaxant et paf. Je me réveille dans une autre pièce, mon chum est assis à côté de moi et une infirmière me tripote le bras. (vraiment, c'était relaxant!!)
"Madame, le médecin a laissé cette note pour vous"...
Sur le papier ça dit "intervention n'a pas fonctionné. rendez-vous lundi matin 9:00 à mon bureau pour discuter des options".
J'ai donc passé le weekend à me demander ce qui s'était passé et ce qui se passerait par la suite.
Lundi 9:00, bureau du gynéco.
"Madame, j'ai fait un curetage, mais je n'ai pas pu brûler l'endomètre. Votre utérus est rempli, le fibrome ne fait pas 5cm mais bien la taille d'un pamplemousse!"
Je ne suis pas bonne en maths, mais je connais mes agrumes. C'est un peu pas mal plus gros, surtout quand il le mime avec ses grosses mains.
Je retourne donc travailler, parce que même si je ne vais pas mieux, je sais maintenant que j'aurai une longue convalescence très bientôt (je suis travailleurs autonome, alors pas de congé maladie, hein).
Tant qu'à subir ça, j'ai demandé si je pouvais pousser ma luck et choisir grosso modo la date de l'intervention. Il semble que oui. Alors fin juin ce sera. Tant qu'à être en congé forcé, aussi bien rentabiliser le tout en se sauvant du camp de jour et en offrant un été relax aux enfants.
Mi-juin, 2 semaines avant l'intervention, mon chum est aux États-Unis. Je perds du sang à profusion, je suis épuisée. J'ai des chutes de pression (pas pratique perdre connaissance dans la douche..), j'ai le coeur qui bat fort, je n'arrive plus à manger. Je suis seule avec les enfants. Je tente de tenir le coup mais un matin, au boulot, j'en ai mal au coeur et j'ai peur de tomber au moindre mouvement. Je décide de retourner à la maison. Ça me prend 45 minutes avant d'être capable d'embarquer dans ma voiture et m'en aller chez moi, rendant tout le monde inquiet. On est mardi. J'ai mon rendez-vous préopératoire jeudi matin, je parlerai à l'infirmière si je ne vais pas mieux. De toute façon, même si je réussis à voir mon docteur, il me prescrira un autre arrêt de travail et du repos. En attendant jeudi, à la maison, me lever pour aller me chercher un verre d'eau est une épreuve. Je pleure au téléphone en parlant à mon amoureux qui me dit "tiens bon, je reviens vendredi soir... repose-toi". Mais s'il savait qu'à part immobile sur le divan, rien n'est reposant...
Ça aurait pu être une grave erreur.
Mercredi, incapable d'aller travailler. Jeudi, je vais reconduire les enfants (je ne sais toujours pas comment) au service de garde et me rends à l'hôpital (30 minutes de route) pour mon rendez-vous préop. Toute la semaine, j'ai texté quelqu'un en entrant et en sortant de la douche. J'ai donné des rapports quasi horaires à une amie de mon état. Je ne réalise pas tout à fait que je suis dans le pire état que je n'ai jamais été. Et que l'infirmière du préop fera bien plus que son petit boulot de base, ce matin-là.
Je n'ai pas de prise de sang à mon dossier pour cette rencontre, seulement le matin de l'opération. Elle me fait asseoir, m'installe pour la pression. Son regard change. Mon pouls est à 130. J'ai marché 7 pas entre la salle et son bureau. Ma pression est basse. Trop.
Elle décide de me passer une prise de sang malgré la note au dossier. Je quitte ensuite avec un "Soyez prudente, madame."
Je retourne à la maison me reposer. Le téléphone sonne. C'est elle.
"J'ai reçu vos résultats de prise de sang avant d'aller dîner, je ne pouvais pas attendre pour vous appeler. Madame, vous êtes vraiment basse..."
Ah bon? Combien? Parce que tsé moi, 60 d'anémie, ça ne me fait pas peur!!
"48, madame..."
Oups. Ouin. Branle-bas de combat, elle me demande de me présenter à l'hôpital pour une transfusion IMMÉDIATEMENT et de ne pas conduire. Résumé: je suis seule, mon chum est à plusieurs heures d'avion, on est jeudi, les enfants sont à l'école et mon anémie est à 48.
Bon. Pour vous donner une idée, quand même, parce que le médecin de l'urgence l'a ensuite dit... À 48, on n'est pas très loin du danger de mort. En fait, on EST en danger de mort si rien n'est fait. C'est comme une pas pire giga urgence quand même.
J'ai réussi à caser les enfants après l'école au service de garde, trouver une amie qui ira les chercher là pour les amener souper chez elle et trouver un lift jusqu'à l'hôpital.
Rendue là, l'infirmière du triage rit presque de moi.
Non, on n'a pas votre dossier. Personne ne nous a avisé de votre arrivée. On va vous la faire la prise de sang, mais juste parce qu'on est d'adon, rien ne nous y oblige. Son collègue pousse même la note jusqu'à dire "c'est elle la patiente à 48? voyons elle n'a pas l'air si mal en point..."
Parce qu'on me fait poireauter dans la salle d'attente, je prends MON cellulaire, j'appelle l'infirmière du pré-op MOI-MÊME (parce que non, on ne va pas l'appeler pour savoir ce que vous faites ici madame) et elle me demande de donner mon téléphone à l'infirmière du triage pour qu'ils accélèrent mon dossier.
Vous imaginez le portrait un peu? Moi, blême, faible, qui donne mon cellulaire par la porte du triage à l'infirmière, qui change soudainement d'attitude, m'offre une chaise roulante et me fait passer un électrocardiogramme en 5ème vitesse... On m'installe sur une civière, on m'envoie le médecin de garde. Il a prononcé le mot mort. Quelques fois. Selon sa face, je crois qu'il jugeait que je ne comprenais pas la gravité. Le mot transfusion aussi (le moins surprenant du lot) et les mots "on vous opère demain matin, après les 10h de transfusion"
Minute là! Mon chum n'est pas au pays. Mes enfants ne savent même pas encore que je suis à l'hôpital, c'est la fin de l'Année scolaire, il n'y a rien de prêt pour moi être hospitalisée plusieurs jours puis en convalescence, je ne suis pas prête à ça moi! Je venais recevoir une poche de sang, on m'annonce que ce sera 4. Je pleure, je panique. J'appelle mon amoureux... Vous imaginez, il est dans un autre pays et il est inquiet, et ne peut quasiment rien faire. Il aura tout de même réussi à orchestrer grand-maman qui est venue récupérer les enfants pour la nuit à la maison, à me trouver une amie qui viendra me rejoindre pour mes heures de transfusion et me ramener à la maison après.
4 culots de sang, c'est 2h par sac, plus 2h d'attente après pour une prise de sang qui DOIT dépasser 90.
J''ai réussi à convaincre le docteur qu'après les transfusions, je ne VOULAIS PAS être opérée.
J'irais voir mon gynéco en sortant et on organiserait la suite.
On me branche et j'attends. Dans le couloir de l'urgence. Chaque infirmière commente ma couleur. On rigole avec le fait que je suis en train de vider la réserve de O-, mais je rigole pas tant. L'infirmière qui s'occupe de moi me dit que je suis son premier cas -sur pieds- d'anémie à 48... Qu'elle en a vu, des cas d'hémorragies en cas d'accidents. Que 4 culots de sang, c'est plutôt rare. Qu'elle ne peut pas croire que je m'occupais seule des enfants et que je travaillais encore deux jours plus tôt.. Bref, je comprends que mon état est grave.
Mon chum s'est trouvé un vol de retour plus tôt. Ma belle-mère a dormi à la maison. Mes enfants doivent se questionner et moi, je panique un peu.
Je réalise soudain que j'étais allée vraiment loin. Vraiment limite.
Lendemain matin, 6:00, on me libère. Je suis à 91.
En arrivant chez moi, l'infirmière du préopératoire appelle. Elle veut savoir comment je vais. J'en profite pour lui expliquer que je dois voir un médecin aujourd'hui, prendre une décision. Elle me dit de rester à jeûn et de me pointer, elle a réussi à m'obtenir un rendez-vous avec le gynéco de garde.
Je me rends là, avec mon amie. Les enfants sont à l'école.
Évidemment, rendue là, on m'a donné un rendez-vous avec le gynéco de garde.
Pendant l'attente, mon amoureux arrive. Frais sorti de l'avion, terriblement inquiet.
Le doc refuse de m'opérer d'urgence (il y a des risques et je suis remontée.).
Évidemment, rendue là, je suis pas pire en forme. Je suis à 91, ça fait des mois que je vacille entre 60 et 85.
Le gynéco me demande si ça m'est passé par la tête que je sois enceinte.
Je vous épargne ce qui m'est passé par la tête. Parce que tsé, ça fait 9 mois que ça dure, que je saigne comme si on m'avait ouvert la jugulaire parfois. Oui, j'ai un bébé bionique qui s'accroche à un utérus en perdition depuis des mois. Je lui parle du fibrome découvert lors de l'endométrectomie. Il rit, me dit que c'est écrit 5 cm au dossier. Je lui dis que clairement, ça a changé. Il me répond qu'un pamplemousse et 5 cm, c'est pareil. (Constat: un gynéco pis des agrumes, c'est pas connecté!)
Interdiction d'efforts, de travail et on attend la date d'opération. Cocktail de médicaments, pilule contraceptive, alouette. On mettrait un bouchon que ça serait moins encombrant. Mais le but, c'est de se rendre au 30 juin...
Et soudain, après mes dernières 48 heures, j'ai peur de ne pas me rendre...
28 juillet 2015
Anémie, agonie et compagnie (part 1)
écrit par
Unknown
à
14 h 11
Ou le récit d'une année de "marde" (désolée!!)
Récit de problèmes de santé. Je me dis qu'avoir tant goglu dans les derniers mois, un jour, ce sera peut-être utile à quelqu'un.
Tout a commencé un peu avant l'été 2014.
Je me souviens parfaitement de la première fois... Je revenais d'un très rare souper avec mon amoureux et je lui ai dit "je crois que je fais une fausse couche... ".
Ces mots ont été prononcés de façon un peu détachée. Il faut comprendre que un, on approche plus de la quarantaine que de la trentaine. Deux, on n'essaie plus d'avoir des enfants. Trois, on n'en veut plus d'autres non plus.
Cette annonce n'en était pas une vraie. Puisque quelques semaines plus tard, le même manège recommençait.
Je perdais beaucoup de sang lors de mes menstruations, mais à en jaser à madame X et madame Y, je réalise que fin trentaine, ce n'est pas rare d'avoir des changements au niveau de nos règles.
Je me mets donc en mode "endure, c'est ça les joies d'être une femme."
C'est déjà désagréable. Au chalet de la belle-famille, quand tu te réveilles au milieu de la nuit et que tu as le bas de pyjama tout rouge, tu te dis que c'est franchement handicapant, perdre autant de sang.
Puis je commence à faire des choix en fonction de "mes dates".
Mais il y aura eu un choix, qui me semblait pourtant sécuritaire, qui me révéla que ma condition ne s'en allait pas en s'améliorant. Alors que je venais de finir ma période de règles, je me croyais en sécurité pour aller à La Ronde avec famille et neveu. FAUX.
Je n'ai fait aucun manège, j'ai visité TOUTES les toilettes de La Ronde. Et ce jour-là, j'ai réussi à inquiéter mon chum. Parce qu'il constatait vraiment pour la première fois à quel point ça prenait soudainement beaucoup de place, tout ça.
Les jours qui ont suivi La Ronde, je me sentais fatiguée. Faible. Chaque jour, quelqu'un au travail commentait mon visage blême, mes yeux cernés. Le souper et les devoirs me semblaient de grosses montagnes. Les journées interminables.
Puis, le souffle s'est mis à se faire rare. Mon coeur battait fort. Monter les escaliers pour aller me coucher me faisait "pomper la patate" à 120-125... Pas besoin d'être un grand athlète ou un prof d'éduc pour savoir que le coeur, ça ne bat pas si vite après si peu d'efforts.
Un bon matin, j'ai donc décidé d'aller consulter. Parce que ça m'arrivait de ne même pas être capable d'aller travailler, au bout de mon énergie. Trouver une clinique et un rendez-vous, ce n'est pas une mince affaire.
Jeudi matin. Le docteur me pose des questions. En conclut que je fais probablement un peu d'anémie, liée à mes saignements importants. Il entend un souffle au coeur à l'examen. Me remplit un papier pour aller passer une prise de sang, me demande d'y aller le lendemain.
Lendemain matin, première prise de sang d'une TRÈS LONGUE série. Je retourne ensuite au boulot.
Samedi matin, le téléphone sonne. C'est la clinique. "Docteur voudrait vous voir demain matin tôt, madame, c'est très important."
Samedi, toute la journée... Panique à bord. Ça y est, il a trouvé quelque chose.
Dimanche matin, bureau du doc. Votre hémoglobine est à 60 madame (vérification faite, elle devrait être entre 120 et 140). Votre fer est quasi inexistant. Repos pour plusieurs semaines et beaucoup de pilules de fer, on devrait vous remonter. (Parce que 60, c'est de l'anémie sévère. Une amie infirmière me dit "à 60, nous on transfuse quasi-direct).
Je ressors avec un papier pour une écho cardiaque (le souffle), une écho pelvienne (pourquoi je saigne autant?), un arrêt de travail de 2 mois et une prescription de fer en quantité industrielle (que la pharmacienne a hésité à me vendre!)
Décembre arrive, je passe des prises de sang aux 3-4 semaines maintenant. On passe l'écho cardiaque, il y a un souffle, mais rien d'important. Je passe l'écho pelvienne.
-Mon stérilet est introuvable. (madame, il est probablement parti avec une hémorragie, ça arrive!)
-On trouve par contre un fibrome de 5cm dans l'utérus. (on me dit avoir mis le doigt sur le bobo)
-Un kyste sur l'ovaire gauche aussi. Rien d'alarmant.
Un autre mois passe, une prise de sang, je revois le doc (entre-temps, je suis retournée au boulot, de peine et de misère, mais j'y suis.)
Ça a remonté, mais je sais que ça redescend. Il prend connaissance de l'écho, m'envoie prendre rendez-vous avec un gynéco.
Le mois de janvier est pénible. Je n'arrive pas à faire mes semaines complètes au boulot, mon 35h n'en est jamais un.
Je vois le gynéco en février. On essaie un médicament pour réduire le fibrome. On continue le fer.
Je repasse une prise de sang, encore basse, autour de 75. Je revois le doc, je repasse une écho.
Le fibrome de 5cm toujours là, le stérilet toujours pas, et le kyste est disparu.
Je revois le gynéco. Le médicament ne fonctionne pas. On en essaie un autre.
Re prise de sang. Oups, on est redescendu à 62 (encore appelée au bureau un samedi matin, définitivement, il ne blague pas quand il me dit qu'il se demande comment je fais pour me pointer avec une anémie si importante...)
Un autre arrêt de travail. Parce que tsé, moi, même à l'agonie, en général je me pointe au boulot. Au grand désespoir de tout ceux qui se demandent si je me passe la face à l'eau de Javel tellement je suis blême et les yeux vides.
Je revois le doc souvent, le gynéco, des prises de sang à tout moment.
On finit par décider de faire une intervention chirurgicale mineure, brûler l'endomètre (paroi intérieure de l'utérus). Ça me débarrasserait du fibrome, pour un temps en tous cas. Prévue début mai.
Pendant tous ces mois, j'ai fait face à de multiples symptômes. La fatigue généralisée. Canceller des projets à tous moments parce que finalement, je suis incapable de faire quoique ce soit. Être essoufflée à juste marcher. Me lever 11 fois par nuit pour aller à la salle de bains me nettoyer et me changer. Laver les toilettes de tous les endroits que je fréquente pour ne pas que quelqu'un alerte la police jugeant qu'un meurtre y a été commis. Connaître le prénom de l'infirmière au centre de prélèvenents (et qu'elle me reconnaisse quand j'appelle). Ne pas aller trop loin en voiture. Traîner PARTOUT un sac avec des vêtements de rechange. Acheter des serviettes sanitaires de nuit en quantité suffisante pour couvrir tout un camp de Jeanettes pour l'été, chaque deux semaines. Ne plus prendre aucun engagement. Porter des vêtements foncés en tous temps. Faire l'épicerie par intervalles, entre 8 visites à la salle de bains. Fuir le centre d'achats puisque les toilettes sont loin. Fuir les sorties extérieures, parce que dehors, c'est pas simple quand tu débordes...
On arrive au mois de mai, je crois être libérée.....
(à suivre ;)
Récit de problèmes de santé. Je me dis qu'avoir tant goglu dans les derniers mois, un jour, ce sera peut-être utile à quelqu'un.
Tout a commencé un peu avant l'été 2014.
Je me souviens parfaitement de la première fois... Je revenais d'un très rare souper avec mon amoureux et je lui ai dit "je crois que je fais une fausse couche... ".
Ces mots ont été prononcés de façon un peu détachée. Il faut comprendre que un, on approche plus de la quarantaine que de la trentaine. Deux, on n'essaie plus d'avoir des enfants. Trois, on n'en veut plus d'autres non plus.
Cette annonce n'en était pas une vraie. Puisque quelques semaines plus tard, le même manège recommençait.
Je perdais beaucoup de sang lors de mes menstruations, mais à en jaser à madame X et madame Y, je réalise que fin trentaine, ce n'est pas rare d'avoir des changements au niveau de nos règles.
Je me mets donc en mode "endure, c'est ça les joies d'être une femme."
C'est déjà désagréable. Au chalet de la belle-famille, quand tu te réveilles au milieu de la nuit et que tu as le bas de pyjama tout rouge, tu te dis que c'est franchement handicapant, perdre autant de sang.
Puis je commence à faire des choix en fonction de "mes dates".
Mais il y aura eu un choix, qui me semblait pourtant sécuritaire, qui me révéla que ma condition ne s'en allait pas en s'améliorant. Alors que je venais de finir ma période de règles, je me croyais en sécurité pour aller à La Ronde avec famille et neveu. FAUX.
Je n'ai fait aucun manège, j'ai visité TOUTES les toilettes de La Ronde. Et ce jour-là, j'ai réussi à inquiéter mon chum. Parce qu'il constatait vraiment pour la première fois à quel point ça prenait soudainement beaucoup de place, tout ça.
Les jours qui ont suivi La Ronde, je me sentais fatiguée. Faible. Chaque jour, quelqu'un au travail commentait mon visage blême, mes yeux cernés. Le souper et les devoirs me semblaient de grosses montagnes. Les journées interminables.
Puis, le souffle s'est mis à se faire rare. Mon coeur battait fort. Monter les escaliers pour aller me coucher me faisait "pomper la patate" à 120-125... Pas besoin d'être un grand athlète ou un prof d'éduc pour savoir que le coeur, ça ne bat pas si vite après si peu d'efforts.
Un bon matin, j'ai donc décidé d'aller consulter. Parce que ça m'arrivait de ne même pas être capable d'aller travailler, au bout de mon énergie. Trouver une clinique et un rendez-vous, ce n'est pas une mince affaire.
Jeudi matin. Le docteur me pose des questions. En conclut que je fais probablement un peu d'anémie, liée à mes saignements importants. Il entend un souffle au coeur à l'examen. Me remplit un papier pour aller passer une prise de sang, me demande d'y aller le lendemain.
Lendemain matin, première prise de sang d'une TRÈS LONGUE série. Je retourne ensuite au boulot.
Samedi matin, le téléphone sonne. C'est la clinique. "Docteur voudrait vous voir demain matin tôt, madame, c'est très important."
Samedi, toute la journée... Panique à bord. Ça y est, il a trouvé quelque chose.
Dimanche matin, bureau du doc. Votre hémoglobine est à 60 madame (vérification faite, elle devrait être entre 120 et 140). Votre fer est quasi inexistant. Repos pour plusieurs semaines et beaucoup de pilules de fer, on devrait vous remonter. (Parce que 60, c'est de l'anémie sévère. Une amie infirmière me dit "à 60, nous on transfuse quasi-direct).
Je ressors avec un papier pour une écho cardiaque (le souffle), une écho pelvienne (pourquoi je saigne autant?), un arrêt de travail de 2 mois et une prescription de fer en quantité industrielle (que la pharmacienne a hésité à me vendre!)
Décembre arrive, je passe des prises de sang aux 3-4 semaines maintenant. On passe l'écho cardiaque, il y a un souffle, mais rien d'important. Je passe l'écho pelvienne.
-Mon stérilet est introuvable. (madame, il est probablement parti avec une hémorragie, ça arrive!)
-On trouve par contre un fibrome de 5cm dans l'utérus. (on me dit avoir mis le doigt sur le bobo)
-Un kyste sur l'ovaire gauche aussi. Rien d'alarmant.
Un autre mois passe, une prise de sang, je revois le doc (entre-temps, je suis retournée au boulot, de peine et de misère, mais j'y suis.)
Ça a remonté, mais je sais que ça redescend. Il prend connaissance de l'écho, m'envoie prendre rendez-vous avec un gynéco.
Le mois de janvier est pénible. Je n'arrive pas à faire mes semaines complètes au boulot, mon 35h n'en est jamais un.
Je vois le gynéco en février. On essaie un médicament pour réduire le fibrome. On continue le fer.
Je repasse une prise de sang, encore basse, autour de 75. Je revois le doc, je repasse une écho.
Le fibrome de 5cm toujours là, le stérilet toujours pas, et le kyste est disparu.
Je revois le gynéco. Le médicament ne fonctionne pas. On en essaie un autre.
Re prise de sang. Oups, on est redescendu à 62 (encore appelée au bureau un samedi matin, définitivement, il ne blague pas quand il me dit qu'il se demande comment je fais pour me pointer avec une anémie si importante...)
Un autre arrêt de travail. Parce que tsé, moi, même à l'agonie, en général je me pointe au boulot. Au grand désespoir de tout ceux qui se demandent si je me passe la face à l'eau de Javel tellement je suis blême et les yeux vides.
Je revois le doc souvent, le gynéco, des prises de sang à tout moment.
On finit par décider de faire une intervention chirurgicale mineure, brûler l'endomètre (paroi intérieure de l'utérus). Ça me débarrasserait du fibrome, pour un temps en tous cas. Prévue début mai.
Pendant tous ces mois, j'ai fait face à de multiples symptômes. La fatigue généralisée. Canceller des projets à tous moments parce que finalement, je suis incapable de faire quoique ce soit. Être essoufflée à juste marcher. Me lever 11 fois par nuit pour aller à la salle de bains me nettoyer et me changer. Laver les toilettes de tous les endroits que je fréquente pour ne pas que quelqu'un alerte la police jugeant qu'un meurtre y a été commis. Connaître le prénom de l'infirmière au centre de prélèvenents (et qu'elle me reconnaisse quand j'appelle). Ne pas aller trop loin en voiture. Traîner PARTOUT un sac avec des vêtements de rechange. Acheter des serviettes sanitaires de nuit en quantité suffisante pour couvrir tout un camp de Jeanettes pour l'été, chaque deux semaines. Ne plus prendre aucun engagement. Porter des vêtements foncés en tous temps. Faire l'épicerie par intervalles, entre 8 visites à la salle de bains. Fuir le centre d'achats puisque les toilettes sont loin. Fuir les sorties extérieures, parce que dehors, c'est pas simple quand tu débordes...
On arrive au mois de mai, je crois être libérée.....
(à suivre ;)
25 août 2014
Ce n'est PAS juste un tigre...
écrit par
Unknown
à
08 h 24
La semaine dernière, pendant nos vacances familiales, nous sommes allés au Zoo de Granby.
Nous y allons aux 2-3 ans, dès que nos Air Miles me permettent de commander des billets gratuits en fait ;) (à noter, le Zoo offre un accompagnateur adulte gratuit pour un enfant avec diagnostic!)
C'est devenu une blague sur mon dos, mais quand je vais au Zoo, j'ai 4 ans!!
Chaque fois, je m'étonne de constater que "d'un côté de la rue, y'a un Tim Hortons, une épicerie où les gens font leurs commissions, des maisons même.... et de l'autre côté, y'a des girafes! des éléphants! des lions et des tigres!!"
Pour moi, c'est un grand bonheur que de côtoyer ces animaux l'espace d'une journée.
Lors de mon voyage à Berlin en 2002, j'ai profité d'une journée seule pour aller visiter le Zoo, tellement j'aime ça!
Je lis les pancartes, je regarde vivre les animaux, je m'intéresse à ce que les guides racontent...
On a assisté à la présentation des tigres. Comme d'habitude, je suis bouche ouverte, oreilles tendues, yeux attentifs.. Il y a trois "bébés" tigres à moins de 20 mètres de nous!
Tout le monde est entassé. Tout le monde est fasciné.
Un monsieur tente de se faufiler derrière moi pour prendre une photo. Je lui offre de s'avancer. Il a affaire à la bonne personne, pour sympathiser avec sa fascination!!
Puis, derrière moi, deux femmes se retrouvent assez loin pour ne pas bien voir... et l'une dit à l'autre: "bah viens-t-en, c'est pas grave, c'est juste des tigres!"
JUSTE des tigres? Vraiment?
T'es en plein coeur d'une ville du Québec, tu es face à face avec un tigre et tu ne ressens rien?
Je dois avoir la capacité de m'émouvoir trop facile. La fascination trop présente. La création de petits bonheurs trop fréquente!
Pour moi, un tigre, ce n'est PAS JUSTE un tigre.
Une sortie au Zoo, et j'ai 4 ans. Je suis impressionnée, intéressée.
Mais je suis comme ça sur bien des trucs.
Je remarque les beaux paysages. Je remarque l'éclat du soleil sur l'eau quand mes enfants sont aux jeux d'eau du parc. J'entends les criquets à la campagne (avant de rester en campagne, quand on arrivait chez mes beaux-parents le soir, je faisais arrêter la voiture de mon chum et j'ouvrais les fenêtres juste pour les écouter!).
C'est peut-être ça qui me tient debout à travers les nombreuses épreuves des dernières années.
Je me souviens même avoir apprécié le petit vent chaud, un soir que je marchais dans le stationnement de l'hôpital après être allée passer la soirée avec mon père mourant. Ce soir-là, c'était son dernier moment conscient, éveillé. Je ne le savais pas. Je savais par contre qu'il mourrait sous peu. Et je trouvais que cette soirée de fin de mai était idéale pour la température. Le vent. La chaleur. Le soleil quasi disparu. L'absence de bruits.
Je m'émeus et m'émerveille facilement. Oui.
Mais ce soir-là, mon constat était positif. La vie était bonne. Même face à la mort.
Et la semaine dernière, ce n'était pas JUSTE des tigres.
C'était mes vacances, mon émerveillement, mon lien avec mes enfants et leur curiosité.
C'était aussi un souvenir. Heureux.
Nous y allons aux 2-3 ans, dès que nos Air Miles me permettent de commander des billets gratuits en fait ;) (à noter, le Zoo offre un accompagnateur adulte gratuit pour un enfant avec diagnostic!)
C'est devenu une blague sur mon dos, mais quand je vais au Zoo, j'ai 4 ans!!
Chaque fois, je m'étonne de constater que "d'un côté de la rue, y'a un Tim Hortons, une épicerie où les gens font leurs commissions, des maisons même.... et de l'autre côté, y'a des girafes! des éléphants! des lions et des tigres!!"
Pour moi, c'est un grand bonheur que de côtoyer ces animaux l'espace d'une journée.
Lors de mon voyage à Berlin en 2002, j'ai profité d'une journée seule pour aller visiter le Zoo, tellement j'aime ça!
Je lis les pancartes, je regarde vivre les animaux, je m'intéresse à ce que les guides racontent...
On a assisté à la présentation des tigres. Comme d'habitude, je suis bouche ouverte, oreilles tendues, yeux attentifs.. Il y a trois "bébés" tigres à moins de 20 mètres de nous!
Tout le monde est entassé. Tout le monde est fasciné.
Un monsieur tente de se faufiler derrière moi pour prendre une photo. Je lui offre de s'avancer. Il a affaire à la bonne personne, pour sympathiser avec sa fascination!!
Puis, derrière moi, deux femmes se retrouvent assez loin pour ne pas bien voir... et l'une dit à l'autre: "bah viens-t-en, c'est pas grave, c'est juste des tigres!"
JUSTE des tigres? Vraiment?
T'es en plein coeur d'une ville du Québec, tu es face à face avec un tigre et tu ne ressens rien?
Je dois avoir la capacité de m'émouvoir trop facile. La fascination trop présente. La création de petits bonheurs trop fréquente!
Pour moi, un tigre, ce n'est PAS JUSTE un tigre.
Une sortie au Zoo, et j'ai 4 ans. Je suis impressionnée, intéressée.
Mais je suis comme ça sur bien des trucs.
Je remarque les beaux paysages. Je remarque l'éclat du soleil sur l'eau quand mes enfants sont aux jeux d'eau du parc. J'entends les criquets à la campagne (avant de rester en campagne, quand on arrivait chez mes beaux-parents le soir, je faisais arrêter la voiture de mon chum et j'ouvrais les fenêtres juste pour les écouter!).
C'est peut-être ça qui me tient debout à travers les nombreuses épreuves des dernières années.
Je me souviens même avoir apprécié le petit vent chaud, un soir que je marchais dans le stationnement de l'hôpital après être allée passer la soirée avec mon père mourant. Ce soir-là, c'était son dernier moment conscient, éveillé. Je ne le savais pas. Je savais par contre qu'il mourrait sous peu. Et je trouvais que cette soirée de fin de mai était idéale pour la température. Le vent. La chaleur. Le soleil quasi disparu. L'absence de bruits.
Je m'émeus et m'émerveille facilement. Oui.
Mais ce soir-là, mon constat était positif. La vie était bonne. Même face à la mort.
Et la semaine dernière, ce n'était pas JUSTE des tigres.
C'était mes vacances, mon émerveillement, mon lien avec mes enfants et leur curiosité.
C'était aussi un souvenir. Heureux.
30 décembre 2013
2014, mot phare
écrit par
Unknown
à
09 h 05
Il s'est imposé à moi, il y a quelques semaines...
Encore une fois, plus récemment, lorsque j'ai été interpelée par un statut Facebook qui demandait nos témoignages.
Puis, encore hier, devant moi, sans aucune subtilité.
Et puis, ce matin, je fais ma tournée de lectures sur le web et je tombe ici: Les (Z)imparfaites
En plus d'y voir au moins une de mes citations, ça me confirme que je ne serai pas originale cette année.
Malgré tout, il n'y a aucun autre mot phare qui peut être "le bon" pour moi en 2014.
2013 n'en a pas eu...
2012: Renouer
2011: Simplicité
2010: Équilibre
Cette année, en 2014, je vais "lâcher prise".
Je dis souvent, un peu à la blague mais avec un fond de vérité, que je suis une "TOC" (trouble obsessif-compulsif) dans une famille de "TDA" (trouble déficitaire de l'attention).
Bien qu'une seule en soit diagnostiquée officiellement, j'ai de forts soupçons pour les deux autres. En plus, ce sont des gars, avec leur légendaire souci du détail et de la perfection! (hum!!)
Lâcher prise, dans ma vie de tous les jours, va s'appliquer sur plusieurs plans.
*Scolaire: je ne suis pas orthopédagogue, ni prof, ni orthophoniste, ni ergothérapeute, ni psy. Je suis une maman. Les devoirs, c'est la job de mes enfants. Ma job, les soutenir. La job de l'école? Les adapter, les ré-expliquer. Je soutiendrai mes enfants comme tous les autres parents et je lâcherai prise sur ce qui ne peut être fait. Je ne gâcherai pas ma relation et des moments positifs avec mes enfants. Je m'implique, mais je ne me sur-implique plus.
*Vie personnelle: Lâcher prise sur le ménage. Sur mes relations amicales qui me pèsent, pour certaines. Sur un horaire qui se veut surchargé, malgré ma décision de terminer à 13h tous les jours. Lâcher prise sur la réalité "handicap" de notre vie. Sur la réalité "maladie" de notre vie. Sur le lavage. Sur le désordre. Sur les menus. Sur les spéciaux. Je lâcherai prise sur ce qui était ma famille, avant celle-ci. J'ai apposé ma dernière signature sur les trucs suite au décès de mon père. Un dernier appel à ma soeur pour qu'elle fasse ses démarches (et ensuite, ça lui appartient..) et un envoi par courrier et je laisserai aller.
*Travail: Cette année se termine mes contrats. En août. 2014 risque donc d'être une année de changement d'emploi, à moins d'un miracle qui n'arrivera pas. Je lâche donc prise sur ce sur quoi je n'ai pas de contrôle, sur ce miracle que j'aimerais voir arriver. Je prends les choses en main et j'agis. Je trouverai un emploi qui correspond à ma réalité familiale et qui m'offrira de beaux défis. Et on verra ce qui arrivera.
En lâchant prise, j'accepte l'imperfection. J'ai toujours réussi à la tolérer, mais elle me gruge.
Je ne peux pas m'asseoir sur le divan pour lire le samedi après-midi si la vaisselle du dîner n'est pas faite. Je peux, mais je n'en profiterai pas. Mon cheminement m'amènera donc à mieux profiter des moments de qualité avec les gens (moi, ma famille, mes amis, ...) sans me soucier des "il faut".
J'espère, en lâchant prise, devenir aveugle face à l'imperfection, pour certains aspects de ma vie. Et pour ceux que je ne pourrai ignorer, me sentir zen face à leur existence.
En 2014, je lâche prise. Moi aussi.
Encore une fois, plus récemment, lorsque j'ai été interpelée par un statut Facebook qui demandait nos témoignages.
Puis, encore hier, devant moi, sans aucune subtilité.
Et puis, ce matin, je fais ma tournée de lectures sur le web et je tombe ici: Les (Z)imparfaites
En plus d'y voir au moins une de mes citations, ça me confirme que je ne serai pas originale cette année.
Malgré tout, il n'y a aucun autre mot phare qui peut être "le bon" pour moi en 2014.
2013 n'en a pas eu...
2012: Renouer
2011: Simplicité
2010: Équilibre
Cette année, en 2014, je vais "lâcher prise".
Je dis souvent, un peu à la blague mais avec un fond de vérité, que je suis une "TOC" (trouble obsessif-compulsif) dans une famille de "TDA" (trouble déficitaire de l'attention).
Bien qu'une seule en soit diagnostiquée officiellement, j'ai de forts soupçons pour les deux autres. En plus, ce sont des gars, avec leur légendaire souci du détail et de la perfection! (hum!!)
Lâcher prise, dans ma vie de tous les jours, va s'appliquer sur plusieurs plans.
*Scolaire: je ne suis pas orthopédagogue, ni prof, ni orthophoniste, ni ergothérapeute, ni psy. Je suis une maman. Les devoirs, c'est la job de mes enfants. Ma job, les soutenir. La job de l'école? Les adapter, les ré-expliquer. Je soutiendrai mes enfants comme tous les autres parents et je lâcherai prise sur ce qui ne peut être fait. Je ne gâcherai pas ma relation et des moments positifs avec mes enfants. Je m'implique, mais je ne me sur-implique plus.
*Vie personnelle: Lâcher prise sur le ménage. Sur mes relations amicales qui me pèsent, pour certaines. Sur un horaire qui se veut surchargé, malgré ma décision de terminer à 13h tous les jours. Lâcher prise sur la réalité "handicap" de notre vie. Sur la réalité "maladie" de notre vie. Sur le lavage. Sur le désordre. Sur les menus. Sur les spéciaux. Je lâcherai prise sur ce qui était ma famille, avant celle-ci. J'ai apposé ma dernière signature sur les trucs suite au décès de mon père. Un dernier appel à ma soeur pour qu'elle fasse ses démarches (et ensuite, ça lui appartient..) et un envoi par courrier et je laisserai aller.
*Travail: Cette année se termine mes contrats. En août. 2014 risque donc d'être une année de changement d'emploi, à moins d'un miracle qui n'arrivera pas. Je lâche donc prise sur ce sur quoi je n'ai pas de contrôle, sur ce miracle que j'aimerais voir arriver. Je prends les choses en main et j'agis. Je trouverai un emploi qui correspond à ma réalité familiale et qui m'offrira de beaux défis. Et on verra ce qui arrivera.
En lâchant prise, j'accepte l'imperfection. J'ai toujours réussi à la tolérer, mais elle me gruge.
Je ne peux pas m'asseoir sur le divan pour lire le samedi après-midi si la vaisselle du dîner n'est pas faite. Je peux, mais je n'en profiterai pas. Mon cheminement m'amènera donc à mieux profiter des moments de qualité avec les gens (moi, ma famille, mes amis, ...) sans me soucier des "il faut".
J'espère, en lâchant prise, devenir aveugle face à l'imperfection, pour certains aspects de ma vie. Et pour ceux que je ne pourrai ignorer, me sentir zen face à leur existence.
En 2014, je lâche prise. Moi aussi.
13 décembre 2013
Verdict: coupable.
écrit par
Unknown
à
13 h 10
Impossible d'écouter ce que les autres ont à dire.
Je me raisonne. Ça n'aurait peut-être rien changé. Peut-être que si. Mais on ne peut pas savoir.
Je ne serai jamais condamné, parce qu'il n'y a pas de preuves.
Et pourtant, je me condamne moi-même.
Pourtant, je regrette.
Et en regrettant, je regrette de regretter.
Parce que sans elle, je ne serais pas ce que je suis aujourd'hui.
Parce que sans cette petite parcelle de ciel dans ma vie, je ne sais pas ce que ma vie aurait été dans les 10 dernières années.
Elle est, et sera toujours, ma magicienne.
Elle est celle qui change le noir en bleu et toutes les autres couleurs en rose.
Elle est ce que j'ai de plus précieux, tout en étant ce que j'ai de plus lourd.
Parce qu'il ne se passe pratiquement pas une journée sans que j'y pense.
Et si j'avais su que j'étais enceinte avant? Si je n'avais pas consommé ces verres de vin et ces drinks à un party de fête alors qu'elle grandissait dans mon ventre et que je ne le savais pas?
Et si... et si j'avais pris la décision fatale, de peur de payer pour mes erreurs inconscientes?
Je lui aurais certes épargné d'avoir une vie si difficile.
Je nous aurais épargné de vivre deuil par dessus deuil...
Mais je nous aurais aussi privé de la plus merveilleuse petite poussière d'étoile que je n'aie jamais rencontrée.
Ce serait mentir que de dire que je ne me suis jamais dit "j'aurais dû..."
Parce que je me sens coupable. Parce que personne ne me donnera jamais la réponse à ma question.
Personne ne me dira jamais si c'est de ma faute ou pas si ma fille est comme ça.
C'est peut-être mieux ainsi. S'il fallait que je le sois, coupable... Je ne vivrais pas bien avec cette réponse.
On ne me la donnera pas. Et je me répète que j'ai pris la bonne décision, parce qu'elle m'a permis de mettre au monde cette fantastique petite merveille aux yeux verts et aux boucles d'or.
Mais dans mon coeur de mère, la culpabilité y est pour toujours.
Je l'atténue avec des douceurs, avec des fiertés, avec tous les encouragements que l'on reçoit et avec chaque sourire qu'elle me donne, chaque baiser sincèrement donné et chaque "je t'aime", qu'ils soient écrits par sa petite main maladroite ou chuchoté dans mon oreille avec un câlin trop fort.
Je me sens malgré tout coupable. Parce qu'il y aura toujours une miette, quelque part dans mon cerveau et dans mon coeur, qui me dit que "et si j'avais su...", les choses auraient peut-être été différentes.
Après la dyspraxie, après le TDAH, après l'autisme, on se croyait bien parés à affronter la vie avec elle.
2013 nous amène encore sur un autre chemin.
Oui, c'est la même petite fille.
Mais laissez-moi pleurer celle qu'elle aurait dû être.
Laissez-moi crier l'injustice que tout tombe sur sa petite personne qui ne demandait qu'à vivre et être heureuse.
Laissez-moi me sentir écrasée par la lourdeur de sa vie et de mon inquiétude face à son avenir.
Laissez-moi pleurer de toutes les larmes de mon corps la petite fille de 10 ans que j'aurais dû avoir, mais que je n'ai pas.
Je l'attends. Impatiemment. Au retour de l'école...
Elle ne saura jamais pourquoi. Elle ne saura pas que mon câlin d'aujourd'hui ne sera pas comme les autres.
Aujourd'hui, je sais que c'est ma doudoune de 6 ans et demi que je serrerai dans mes bras, le plus fort que je peux, et jusqu'à ce qu'elle se détache.
C'est un câlin qui voudra tout dire.
Je t'aime.
Et je m'excuse.
Parce que si c'est la moindre miette de ma faute, je mettrai tout mon être à me faire pardonner jusqu'à la fin de mes jours...
Je me raisonne. Ça n'aurait peut-être rien changé. Peut-être que si. Mais on ne peut pas savoir.
Je ne serai jamais condamné, parce qu'il n'y a pas de preuves.
Et pourtant, je me condamne moi-même.
Pourtant, je regrette.
Et en regrettant, je regrette de regretter.
Parce que sans elle, je ne serais pas ce que je suis aujourd'hui.
Parce que sans cette petite parcelle de ciel dans ma vie, je ne sais pas ce que ma vie aurait été dans les 10 dernières années.
Elle est, et sera toujours, ma magicienne.
Elle est celle qui change le noir en bleu et toutes les autres couleurs en rose.
Elle est ce que j'ai de plus précieux, tout en étant ce que j'ai de plus lourd.
Parce qu'il ne se passe pratiquement pas une journée sans que j'y pense.
Et si j'avais su que j'étais enceinte avant? Si je n'avais pas consommé ces verres de vin et ces drinks à un party de fête alors qu'elle grandissait dans mon ventre et que je ne le savais pas?
Et si... et si j'avais pris la décision fatale, de peur de payer pour mes erreurs inconscientes?
Je lui aurais certes épargné d'avoir une vie si difficile.
Je nous aurais épargné de vivre deuil par dessus deuil...
Mais je nous aurais aussi privé de la plus merveilleuse petite poussière d'étoile que je n'aie jamais rencontrée.
Ce serait mentir que de dire que je ne me suis jamais dit "j'aurais dû..."
Parce que je me sens coupable. Parce que personne ne me donnera jamais la réponse à ma question.
Personne ne me dira jamais si c'est de ma faute ou pas si ma fille est comme ça.
C'est peut-être mieux ainsi. S'il fallait que je le sois, coupable... Je ne vivrais pas bien avec cette réponse.
On ne me la donnera pas. Et je me répète que j'ai pris la bonne décision, parce qu'elle m'a permis de mettre au monde cette fantastique petite merveille aux yeux verts et aux boucles d'or.
Mais dans mon coeur de mère, la culpabilité y est pour toujours.
Je l'atténue avec des douceurs, avec des fiertés, avec tous les encouragements que l'on reçoit et avec chaque sourire qu'elle me donne, chaque baiser sincèrement donné et chaque "je t'aime", qu'ils soient écrits par sa petite main maladroite ou chuchoté dans mon oreille avec un câlin trop fort.
Je me sens malgré tout coupable. Parce qu'il y aura toujours une miette, quelque part dans mon cerveau et dans mon coeur, qui me dit que "et si j'avais su...", les choses auraient peut-être été différentes.
Après la dyspraxie, après le TDAH, après l'autisme, on se croyait bien parés à affronter la vie avec elle.
2013 nous amène encore sur un autre chemin.
Oui, c'est la même petite fille.
Mais laissez-moi pleurer celle qu'elle aurait dû être.
Laissez-moi crier l'injustice que tout tombe sur sa petite personne qui ne demandait qu'à vivre et être heureuse.
Laissez-moi me sentir écrasée par la lourdeur de sa vie et de mon inquiétude face à son avenir.
Laissez-moi pleurer de toutes les larmes de mon corps la petite fille de 10 ans que j'aurais dû avoir, mais que je n'ai pas.
Je l'attends. Impatiemment. Au retour de l'école...
Elle ne saura jamais pourquoi. Elle ne saura pas que mon câlin d'aujourd'hui ne sera pas comme les autres.
Aujourd'hui, je sais que c'est ma doudoune de 6 ans et demi que je serrerai dans mes bras, le plus fort que je peux, et jusqu'à ce qu'elle se détache.
C'est un câlin qui voudra tout dire.
Je t'aime.
Et je m'excuse.
Parce que si c'est la moindre miette de ma faute, je mettrai tout mon être à me faire pardonner jusqu'à la fin de mes jours...
28 novembre 2013
Je sais pourquoi...
écrit par
Unknown
à
17 h 13
Je sais maintenant pourquoi, mais je ne sais toujours pas comment..
Mais, je sais quand.
Je sais quand mon père est mort. Quand il a pris son dernier souffle, puis s'en est allé.
Je le sais, j'étais près de lui et je tenais sa main.
Je me suis demandé s'il était vraiment parti. Mais le souffle suivant n'est jamais venu.
Sa main était encore chaude. Son coeur ne battait plus.
J'ai assisté à sa mort, alors qu'il a si peu assisté à ma vie.
Puis, la mort a fait moins mal.
Parce que la mort est un événement. Ça arrive en un souffle. Un battement de coeur et puis c'est là.
Il est mort. Il le sera toujours.
La douleur du moment a semblé avoir passé.
Puis, les jours, les semaines, les mois se sont réinstallés entre lui et moi.
Il est mort une seconde fois en juillet (voir ici ) puis, encore une fois, le temps s'est réinstallé.
Puis, un rappel. Très froid, très inhumain.
Une voix dans ma tête. "Vous avez six mois à partir de la date du décès pour accepter ou refuser une succession, au-delà de quoi vous en êtes automatiquement responsable."
Mais je l'ai repoussée. La mort avait fait mal. Je ne voulais pas y penser.
De temps en temps, ici et là, j'ai sorti des papiers. Je me suis même lancée à faire un ou deux téléphones, ici et là. Puis j'ai tout refermé.
Il est mort, c'est tout.
J'ai repoussé, oublié, repoussé, angoissé, puis j'ai compris.
J'ai compris, parce que six mois, c'est lundi prochain.
Quand l'horloge a sonné dans ma tête, elle sonnait comme la mort.
Contrairement à ce que mon amoureux me disait, je n'avais pas réglé ça rapidement pour passer à autre chose.
J'ai laissé traîner. Parce que pendant ce temps, le temps existait encore, quelque chose me liait à lui, à sa mort. Et sa mort me faisait mal. Alors j'ai laissé sa mort de côté et j'ai vécu.
Jusqu'à aujourd'hui.
J'ai écouté la notaire. J'ai entendu mon nom. Son nom. Des dates. J'ai vu son visage, dans ma tête. Ses yeux pleins d'eau qui me disaient, de son lit d'hôpital "je ne voudrais tellement pas que tu aies des problèmes avec tout ça"...
Je sais pourquoi c'est si difficile. Et pourquoi ça a pris six mois avant que je ne règle sa mort.
Mon père n'était pas présent dans mon quotidien. Nous n'étions pas aussi proches que je l'étais de ma mère. Il m'aimait et j'ai toujours été chère à ses yeux, mais nos contacts "en personne" étaient rares. Quelques fois par année, avec un appel par semaine, parfois aux deux semaines.
Si je calcule ça, six mois, c'est environ 2 visites. Environ 18-20 appels.
Avec maman, ça représentait moins de trois semaines.
Avec papa, ça représente six mois.
Son absence dans ma vie est moins flagrante. Mais le vide s'étire. Et c'est comme si j'oubliais qu'il ne rappellera pas. Que ça ne me servira à rien de composer son numéro de téléphone mardi prochain, pour lui souhaiter bonne fête. Qu'il n'appellera pas dans 2 semaines pour me chanter "joyeux anniversaire" et me dire que le jour de ma naissance a été le plus beau jour de sa vie. Qu'il ne viendra pas regarder vivre ses petits-enfants, dans le temps des Fêtes. Qu'on ne parlera pas de maman, ensemble pendant de longues minutes, la veille du Jour de l'An, pour "célébrer" le jour de son départ de nos vies.
J'ai signé mon deuil, cet après-midi.
Et puis, j'ai constaté que tout ce qui me lie à lui, ce sont des souvenirs.
Pas tous heureux, mais c'était nous.
Je sais maintenant pourquoi j'ai attendu. Mais je ne sais toujours pas comment vivre l'absence.
Je pleure toujours celle de maman, bientôt huit ans plus tard.
Mais malgré tout, c'était réconfortant de la partager encore avec mon père, aussi.
Ce décembre me semble bien gris, avec son anniversaire, le mien, le temps des Fêtes et la mort de ma mère.
Mais vous savez la toute dernière chose qu'il m'a dit, quatre jours avant sa mort, tout juste avant de s'endormir après ma visite à l'hôpital.
"Moi aussi j't'aime."
Mais, je sais quand.
Je sais quand mon père est mort. Quand il a pris son dernier souffle, puis s'en est allé.
Je le sais, j'étais près de lui et je tenais sa main.
Je me suis demandé s'il était vraiment parti. Mais le souffle suivant n'est jamais venu.
Sa main était encore chaude. Son coeur ne battait plus.
J'ai assisté à sa mort, alors qu'il a si peu assisté à ma vie.
Puis, la mort a fait moins mal.
Parce que la mort est un événement. Ça arrive en un souffle. Un battement de coeur et puis c'est là.
Il est mort. Il le sera toujours.
La douleur du moment a semblé avoir passé.
Puis, les jours, les semaines, les mois se sont réinstallés entre lui et moi.
Il est mort une seconde fois en juillet (voir ici ) puis, encore une fois, le temps s'est réinstallé.
Puis, un rappel. Très froid, très inhumain.
Une voix dans ma tête. "Vous avez six mois à partir de la date du décès pour accepter ou refuser une succession, au-delà de quoi vous en êtes automatiquement responsable."
Mais je l'ai repoussée. La mort avait fait mal. Je ne voulais pas y penser.
De temps en temps, ici et là, j'ai sorti des papiers. Je me suis même lancée à faire un ou deux téléphones, ici et là. Puis j'ai tout refermé.
Il est mort, c'est tout.
J'ai repoussé, oublié, repoussé, angoissé, puis j'ai compris.
J'ai compris, parce que six mois, c'est lundi prochain.
Quand l'horloge a sonné dans ma tête, elle sonnait comme la mort.
Contrairement à ce que mon amoureux me disait, je n'avais pas réglé ça rapidement pour passer à autre chose.
J'ai laissé traîner. Parce que pendant ce temps, le temps existait encore, quelque chose me liait à lui, à sa mort. Et sa mort me faisait mal. Alors j'ai laissé sa mort de côté et j'ai vécu.
Jusqu'à aujourd'hui.
J'ai écouté la notaire. J'ai entendu mon nom. Son nom. Des dates. J'ai vu son visage, dans ma tête. Ses yeux pleins d'eau qui me disaient, de son lit d'hôpital "je ne voudrais tellement pas que tu aies des problèmes avec tout ça"...
Je sais pourquoi c'est si difficile. Et pourquoi ça a pris six mois avant que je ne règle sa mort.
Mon père n'était pas présent dans mon quotidien. Nous n'étions pas aussi proches que je l'étais de ma mère. Il m'aimait et j'ai toujours été chère à ses yeux, mais nos contacts "en personne" étaient rares. Quelques fois par année, avec un appel par semaine, parfois aux deux semaines.
Si je calcule ça, six mois, c'est environ 2 visites. Environ 18-20 appels.
Avec maman, ça représentait moins de trois semaines.
Avec papa, ça représente six mois.
Son absence dans ma vie est moins flagrante. Mais le vide s'étire. Et c'est comme si j'oubliais qu'il ne rappellera pas. Que ça ne me servira à rien de composer son numéro de téléphone mardi prochain, pour lui souhaiter bonne fête. Qu'il n'appellera pas dans 2 semaines pour me chanter "joyeux anniversaire" et me dire que le jour de ma naissance a été le plus beau jour de sa vie. Qu'il ne viendra pas regarder vivre ses petits-enfants, dans le temps des Fêtes. Qu'on ne parlera pas de maman, ensemble pendant de longues minutes, la veille du Jour de l'An, pour "célébrer" le jour de son départ de nos vies.
J'ai signé mon deuil, cet après-midi.
Et puis, j'ai constaté que tout ce qui me lie à lui, ce sont des souvenirs.
Pas tous heureux, mais c'était nous.
Je sais maintenant pourquoi j'ai attendu. Mais je ne sais toujours pas comment vivre l'absence.
Je pleure toujours celle de maman, bientôt huit ans plus tard.
Mais malgré tout, c'était réconfortant de la partager encore avec mon père, aussi.
Ce décembre me semble bien gris, avec son anniversaire, le mien, le temps des Fêtes et la mort de ma mère.
Mais vous savez la toute dernière chose qu'il m'a dit, quatre jours avant sa mort, tout juste avant de s'endormir après ma visite à l'hôpital.
"Moi aussi j't'aime."
10 février 2012
Sept lettres dans une valise.
écrit par
Unknown
à
10 h 48
Sept lettres.
Encore une fois, notre vie bascule.
Ce n'était pas suffisant de se sentir submergés par le plus pur et le plus grand amour au monde, il y a de cela 8 ans et 3 mois.
Ce n'était pas suffisant de plonger nos yeux dans le regard le plus brillant et profond qu'il nous ait été donné de voir.
Ce n'était pas suffisant de ne plus jamais prendre pour acquis notre présence sur cette Terre, notre rôle dans la société et l'impact que nous aurions sur nos prochains.
Notre vie bascule.
Sept lettres.
Malgré tout...
Tu es toujours celle qui a le regard turquoise des mers chaudes de si beaux pays.
Tu es toujours celle qui a le rire explosif et contagieux des gens profondément heureux.
Tu es toujours celle qui a les cheveux bouclés d'un petit ange.
Tu es toujours celle que j'aime le plus au monde. Tu es toujours celle-là.
Tu ne comprends pas très bien les émotions des gens.
Tu ne décodes pas le sarcasme, tu ne saisis pas le sens de la blague.
Tu trouves chinois tous ces double-sens, tout ce non-dit que les autres semblent deviner si facilement.
Tu ne sais pas lire le non-verbal des gens que tu côtoies.
Tu ne sais pas comment te faire apprécier des autres enfants, toi qui pourtant a tant à apporter.
Tu as envie d'aimer les mêmes jeux que tes pairs, mais tu préfères tout de même souvent la solitude de ta chambre, la lecture, la vie avec ton frère qui ne te juge pas, les jeux de rôles faits à ta façon et toujours pareils.
Tu voudrais grandir et faire ce que les grandes de ton âge font souvent, mais tu trouves souvent plus de réconfort dans le fait d'aligner tes petites voitures sur le même tapis.
Tu ris parfois lorsque ce n'est pas drôle.
Tu te sens parfois si en colère, sans savoir pourquoi, sans comprendre comment tu t'es rendue là.
Tu n'aimes pas la nouveauté, tu n'aimes pas les surprises, tu n'aimes pas les éclats sauf si c'est toi qui les a provoqués à ta façon unique.
Tu préfères rester à la maison, avec tes jeux connus et sécurisants, que de t'ouvrir sur d'autres intérêts à travers des sorties, des activités.
Tu n'aimes pas la spontanéité, tu préfères la routine.
Tu trouves difficile d'avoir des responsabilités, c'est déjà tellement de travail pour toi que de t'occuper de toi-même.
Tu fais des crises pour ce que nous, les adultes, considérons comme des pécadilles, mais qui pour toi, prennent toute la place.
Tu ne peux pas dormir si ta porte n'est pas bien placée ou si un livre semble en équilibre sur ton bureau.
Tu as brisé maintes et maintes choses, malgré ton âge avancé, parce que tu aimes jouer avec les boutons, les roulettes et les interrupteurs sans pouvoir te contrôler.
Tu as besoin d'aide au quotidien, encore, et tu le sais.
Tu as 8 ans et pourtant, tu n'es pas une petite fille de 8 ans comme les autres.
Tu es la même qu'hier, la même petite perfection que j'ai mis au monde il y a un peu plus de 8 ans. Celle à qui j'ai promis la lune et toutes les étoiles qui brillent, celle à qui j'ai fait la promesse de rendre sa vie belle et enrichissante.
Tu es la même petite perle, tu as la même naïveté dans ton regard, même si celui-ci se teinte doucement avec les épreuves et les murs qui se dressent devant toi.
Toi toute seule n'arrive pas à les bouger, ni même à les contourner.
Je suis encore là.
J'ai ajouté ces sept petites lettres dans notre valise de vie. Elle est lourde. On nous oblige pourtant à la porter 24h sur 24, avec toi. Pour l'instant, tu n'as pas la force de la promener seule. Elle est si pesante. Moi-même, je voudrais bien qu'on m'offre des roulettes pour m'aider, un bras fort pour la traîner avec moi quand je me sens faiblir.
C'est peut-être juste une valise de mots, mais elle est lourde de sens, lourde de vécu, lourde de conséquences.
Cette valise, c'est notre clé pour te comprendre un peu mieux. Avec les mots et les lettres, on la remplit aussi d'outils pour qu'ils t'accompagnent et te facilitent la vie.
J'y mets aussi des mots d'amour, des bisous et des câlins.
Je t'aime ma doudoune. À mes yeux, tu es parfaite. Même quand ils sont remplis de larmes et de douleurs.
Est-ce que quelqu'un pourrait prendre la clé du compartiment à lettres et la jeter très loin?
Je ne veux plus remplir ce compartiment. Il est assez lourd. Je garderai grand ouvert celui des outils et celui de l'amour. Mais l'autre, il a atteint le maximum. Je zippe la fermeture éclair. J'installe le cadenas. Je donne la clé.
Je viens d'y insérer le mot : "autisme".
30 août 2011
Projets d'Automne
écrit par
Unknown
à
06 h 39
Dans l'optique où je VEUX simplifier le quotidien dans la maison, je réalise que la gestion des repas/courses/lunchs prend beaucoup de place.
*Première étape, simplifier et organiser le garde-manger.
*Tenir un inventaire de ce que j'ai (pour ne pas acheter 3 fois un sac de raisins secs ou sauter sans raison sur le spécial sur les conserves de soupe aux tomates!!!).
*Identifier et dater chaque récipient. Ça évite le gaspillage et les questions.
*Faire un coin "enfants" dans un panier. Barres tendres, compotes, biscottes, sachets de noix (que je ferai avec des Ziploc collation), etc.
*Regrouper pour mieux voir. Ça c'est déjà fait, mais j'utiliserai des paniers pour pouvoir retirer une portion et voir derrière sans devoir tout défaire. Mon garde-manger est profond et haut, plutôt que large et peu profond, pas toujours pratique pour stocker.
Idées:
Le tiroir à patates et oignons, je me promets bien de me l'offrir dans ma prochaine maison!
25 juin 2011
Mon amoureux et moi
écrit par
Unknown
à
14 h 16
Se simplifier la vie
écrit par
Unknown
à
14 h 12
Parce que mon année 2011 est sous le signe de la simplicité...
Voici quelques conseils de psy-à-2-cennes (moi!)
-Se coucher chaque soir avec les dossiers réglés. Ce qui ne l'est pas, le noter dans un carnet spécial. Ça aide à ne pas rêver à notre budget ou se réveiller en sursaut parce qu'on a oublié d'appeler pour prendre ce rendez-vous si important!
-Choisir ses batailles. Applicable sur tous les aspects de votre vie, choisissez ce sur quoi vous mettez votre énergie. Il y a des batailles qui sont peine perdue ou qui ne valent pas tout ce que vous allez y mettre!
-Choisir les gens plutôt que les choses. Ça ne signifie pas d'oublier de faire votre lavage ou d'aller à l'épicerie. Mais pensez aux gens. Profitez du temps que vous avez avec eux.
-Dans votre maison, ne gardez que les objets qui vous rendent heureux ou vous sont utiles. Finie la culpabilité. Le bibelot qu'on époussette chaque semaine sans vraiment le voir... il pourrait disparaître ou changer de place pour qu'on l'apprécie plus?
-Se faire une garde-robe passe-partout. Des morceaux qui vont bien avec beaucoup d'autres, ça permet d'agencer différemment, donc d'en avoir moins sans se tanner!
-Donner des petits "blitz" ici et là. Cinq minutes dans une pièce peut parfois faire toute une différence. Une pièce grosso modo rangée sera moins difficile à entretenir. Surtout si on a épuré et gardé seulement l'utile et l'agréable.
-Une fois par semaine, pensez à une façon de simplifier votre vie. Que ce soit en réaménageant un horaire, en changeant un meuble de place, en créant un agenda familial ou une liste de menus, en épurant une pièce ou même un tiroir, en déléguant, en disant "non" à quelque chose qui nous imposera du stress inutile....
31 mai 2011
16 mars 2011
La terre a tremblé. Même date, 20 ans plus tard!
écrit par
Unknown
à
08 h 58
Aujourd'hui, la terre a tremblé. Vraiment. Le sol a bougé. Pas autant qu'au Japon, bien évidemment. Assez pour faire jaser. On aime se sentir en sécurité, les deux pieds bien installés sur une base solide et quand la terre bouge, on sait que rien n'est infaillible. Qu'il faut apprendre un équilibre à toute épreuve parce qu'on ne peut pas toujours compter sur le sol sous nos pieds.
J'ai appris à garder l'équilibre sur un sol mouvant.
Il y a EXACTEMENT 20 ans.
16 mars 1991.
Mon sol a tremblé. La glace de la rivière a cédé. Quatre petits pieds ont perdu l'équilibre. Deux ne l'auront jamais retrouvé. Mon meilleur ami de 6ème année mourait, noyé dans la Rivière des Mille-Iles.
Un pupitre vide devant le mien. Une classe en deuil.
Un groupe d'enfants de dix et onze ans marchant vers l'église, pour des funérailles à couper le souffle par leur tristesse.
Je me souviens avoir lu un texte que j'avais composé. Je l'ai même retrouvé récemment.
En le lisant (vite, pour ne pas pleurer), je ne me souviens pas avoir senti le sol sous mes pieds.
Ils n'auront retrouvé son corps que plusieurs mois plus tard, à l'automne 1991. Je ne sais plus combien d'heures j'ai passé, près de la rivière, à regarder le courant. Le bruit sourd des chutes sous la passerelle m'apaisait un peu, même en sachant que c'était ce même courant qui avait emporté un enfant. Un enfant dont j'avais célébré quelques anniversaires, mais qui ne mettrait jamais les pieds au secondaire.
Mon sol a tremblé. Depuis, il a arrêté. Mon équilibre est revenu. Pas ma foi.
On est tous et chacun responsable de se tenir debout. On ne sait jamais quand notre équilibre sera mis à l'épreuve.
7 janvier 2011
Mot-phare
écrit par
Unknown
à
12 h 13
Chaque année, je me choisis un mot-phare. Depuis l'an passé, officiellement, en fait.
Plutôt que des résolutions (que je ne tiendrai pas), je me mets dans un état d'esprit qui teintera toute l'année suivante.
En 2010. Équilibre.
Je voulais équilibrer le temps que je passais à chacune de mes occupations. Équilibrer mon budget. Équilibrer mon temps maman/mon temps femme/mon temps blonde...
En 2011, Simplicité.
J'ai envie, maintenant, de simplifier mon quotidien. Pour donner plus d'importance aux choses importantes, je dois me débarasser du superflu.
Je ne parle pas nécessairement de simplicité volontaire et d'épurer ma maison au maximum.
Mais me débarasser de ce qui me fait perdre mon temps. Ne pas garder l'inutile "au cas où". Simplifier ma planification. Planification=budget, épicerie, menu, paperasse, routine après école, etc.
Simplifier mes besoins. Parfois, on cherche trop loin pour trouver ce qui nous plaît alors que simple, ça fait aussi bien le boulot. Une sortie, une activité, je veux tout simplifier. Pas rendre fade. Rendre simple.
Un de mes objectifs dans cette année simple est de tenir un blog quotidien.
Vous pouvez donc suivre, au jour le jour, une année de ma vie, sous une autre facette.
Des idées simples pour un quotidien harmonieux. Parce que comme n'importe qui, je n'ai pas encore trouvé comment ajouter quelques heures à mes journées. Aussi bien mieux rentabiliser les 24 qu'on a! :)
24 septembre 2010
Des amis..
écrit par
Unknown
à
06 h 02
J'ai eu grosso modo le même groupe d'amis pendant tout mon secondaire. Quelques-uns se sont greffés pendant les 5 années, il y a eu une base qui s'est établie dès le secondaire 1. Tous mes amis du primaire allaient à une autre école, je commençais à zéro!
De ces amis-là, aujourd'hui, je n'en vois qu'un seul.
J'en croise d'autres ici et là ou on se jase sur Facebook. Ce n'est pas pareil.
Par la suite, au Cégep, quelques amitiés. Il y a bien 1-2 amis que j'ai revu après, mais 10 ans plus tard, il ne reste que des contacts sur Facebook ou des courriels ici et là.
De mon travail, avant d'être une maman, il ne me reste rien. Contacts Facebook, mais... L'amie qu'il me restait, la vie a creusé un gros fossé entre nous. Fossé dont j'ignore la cause mais qui s'est agrandi avec les années et je crois qu'autant elle que moi ne savons plus comment le traverser pour reprendre un vrai contact.
Pourtant, ma vie est pleine d'amis.
Je dois dire merci à l'Internet. Avec les années de nouvelle maman, j'ai fréquenté quelques forums, puis un blog, puis ci, puis ça. Mes nouvelles amitiés sont venues comme ça.
J'ai d'abord rencontré Constance, Catherine, Caroline, puis Nancy. Puis un autre forum, j'y ai rencontré Marilou, Véro, Marie-Claude, la Fée Clochette (pour son anonymat), Annie, Éloïse. Un autre forum où, en cherchant une chaise berçante et en trouvant une petite annonce pour une à vendre tout en constatant que la fille qui la vendait restait au coin de ma rue, j'y ai rencontré mon amie Mélanie.
Et de mon blog et de mes contacts "dyspraxie", j'ai rencontré Isabelle, Julie et Josée, toutes dans des drôles de circonstances, mais qui me confirment bien qu'on devait un jour se rencontrer.
Toutes ces amies (et j'en oublie peut-être?) sont nouvelles dans ma vie et pourtant, je n'ai pas l'impression de les connaître depuis peu. Elles ne m'ont pas connue dans ma vie "avant-maman" et on a l'impression de se connaître depuis toujours!
J'ai mon amie d'enfance, que je vois encore. Parce qu'avoir connu quelqu'un aux couches et la côtoyer encore passé 30 ans, je crois que ça "scelle le deal" pour la vie!! Elle, elle me connaît d'avant. Elle m'a vue évoluer, elle sait ce que j'ai vécu avant. Elle a connu ma famille, j'ai connu la sienne. Ce n'est pas nécessairement ma "plus proche amie" du moment, mais c'est certainement celle qu'un jour, je dirai qu'elle a été mon amie pour la vie.
Parfois, je réfléchis à toutes ces amitiés. Je nous regarde, moi, mon chum, ma petite famille. Et je regarde la vie de mes amies. Je constate qu'aucune n'a une vie vraiment pareille à la mienne, un couple comme le mien ou n'est vraiment comme moi. Chacune a une portion de ce que je suis, en tant que femme, couple ou famille. Mais il n'y a personne dans nos amis de qui je peux dire "on se ressemble vraiment trop!".
Sur le coup, ça m'a troublée. Mais en y pensant bien, c'est bien comme ça aussi. On se complète, on se permet de voir autre chose et on a un vécu différent.
Est-ce que ces amitiés dureront longtemps? Je n'en sais rien. Je l'espère donc, parce que je les aime toutes vraiment beaucoup! Mais le jour où on ne s'apportera plus rien, j'imagine qu'un fossé se creusera aussi. Je ne sais pas si celui-là, je l'aurai vu venir. Mais je crois que la vie a des cycles qu'il faut respecter.
En attendant, je me trouve VRAIMENT bien entourée! Merci d'être là, toutes!
13 mars 2010
Le premier amour...
écrit par
Unknown
à
12 h 42
Non, je ne parle pas de chum!
Ce blog-ci, créé en 2005, juste avant la naissance de mon fils, est mon bébé-blog. Qui s'apprête à fêter son 5ème anniversaire.
C'est celui qui m'a fait découvrir le plaisir d'écrire pour un "public". Public qui était à l'occasion plus grand que ce que j'avais espéré.
Je ne savais pas trop comment enligner mon blog, quand je l'ai commencé. J'avais envie de parler de ma doudoune, ma grande, mon unique enfant déjà né à ce moment, mais aussi de son petit frère qui est né quelques jours plus tard....
J'avais envie de partager mon quotidien de maman... Puis, j'ai dérivé un peu. Parlant toujours de ma vie de maman, mais ne désirant pas tomber dans le bla bla des détails du genre "j'ai mangé du macaroni et on est allés faire l'épicerie, demain je vais magasiner".
Mon blog n'a jamais été pour donner des nouvelles à la famille ou aux amis, par exemple, mais bien juste pour écrire, mes états d'âme, des beaux moments que je veux garder en souvenir aux plus difficiles que j'avais besoin d'exorciser....
Avec le temps, j'ai créé un autre blog, que je ne tiens pas assez à jour, pour moi surtout, pour écrire les recettes que j'aime et que je fais souvent. Mon livre de recettes virtuel, c'était facile quand quelqu'un me demandait une recette... mais avec le temps, je me suis rendue compte que les écrire sur Words était suffisant!!! et plus facile à retrouver avec le nom de la recette...
J'ai créé le blog de Mélina aussi.. celui pour elle et pour sa différence. Parce qu'Une vie de doudoune n'était plus adapté pour parler de ce que vit ma grande championne au quotidien, et parce que je désirais que les parents recherchant de l'information sur la dyspraxie puisse tomber sur mon blog en fouinant le Net...
Et maintenant, j'ai un blog conjoint, avec des amies-mamans d'enfants différents, où on y traite, entre autres de dyspraxie, mais aussi de bien d'autres petits à côtés que la vie nous a amenées à vivre.
Et mon bébé en souffre. Où est-ce le temps qui fait son oeuvre..
Il me semble qu'au-delà du côté plus "précis" d'avoir envie de parler des handicaps de ma fille, le petit quotidien ne m'inspire plus autant.
Non, les commentaires sur mon rôle de maman ne m'ont pas atteinte.
Je l'ai commenté, et je le redirai ici. Oui, ce rôle dans ma vie prend beaucoup de place. Mais dans la mesure où j'avais créé un blog pour parler de celui-ci, il est évident que c'est ce dont j'avais envie de parler.
La vie change. Mes enfants grandissent. Mon petit homme rentre à la maternelle dans quelques mois. Je cherche à rediriger ma vie pour occuper un petit emploi aussi. Ma grande va commencer la 1ère année et on vivra ces durs moments d'apprentissage avec elle, au jour le jour, sans oublier notre possible projet d'école à la maison. ..
Je ne me sens pas capable d'éliminer "Une vie de doudoune" de la blogosphère active. Pour moi, c'est une partie de l'enfance de mes enfants. Comme un petit album photo de ma vie des 5 dernières années.
Mais ses pages me semblent bien remplies... Mon besoin d'écrire a changé. J'écris maintenant pour aider, informer, créer un réseau.
J'écris aussi ailleurs, autrement.. je caresse toujours le rêve d'un jour voir mes écrits publiés sous forme de roman. J'ai d'ailleurs 2 projets en cours.
J'avais quand même envie de dire "merci" à ceux et celles qui ont eu envie, à travers les années, de lire ici et là, ce blog ;) Même si je le faisais pour moi, reste qu'atteindre d'autres gens était tout de même un des buts visés, sinon, j'aurais utilisé un "vrai journal intime" ;)
Bon printemps! :)
8 octobre 2009
85 jours...
écrit par
Unknown
à
08 h 08
L'année 2009 a encore 85 jours à venir (incluant aujourd'hui).
J'ai décidé de me motiver et de me trouver des défis...
Je prends parfois des résolutions, que j'échelonne, que j'abandonne, que je modifie.
Là, j'ai envie de faire plus simple.
85 jours: 65 défis. (tout de même!)
Petits, moyens. Pas de grands, ce serait voir trop haut, pour le peu de temps. J'en ai des grands, mais je n'ai pas de limite de temps.
Les voici donc. Je les listerai ici et les modifierai, au fur et à mesure que je les fais.
Ce sera ma motivation deuxième, la première étant juste de me faire plaisir.
1. Terminer le roman entamé depuis quelques semaines, de Coben.
2. Organiser ma paperasse dans mon bureau.
3. Faire un pain aux raisins.
4. Faire des beignes.
5. Aller prendre un café avec Mamanbooh.
6. "Trainer" une petite gardienne.
7. Faire une liste d'inventaire du garde-manger.
8. Réduire la facture d'épicerie de 150$ par mois.
9. Voir mon amie Joanie (ça arrive pas assez souvent.)
10. Amener les enfants à L'Ile-des-Moulins.
11. Faire le ménage de mon desktop d'ordinateur.
12. Faire imprimer 50 photos.
13. Faire 10 pages de scrapbooking.
14. Organiser la fête de 6 ans de Mélina.
15. Faire un gâteau de princesse.
16. Faire la liste de Noël des enfants.
17. Trouver les cadeaux pour les enfants.
18. Épurer ma chambre.
19. Faire le ménage des jouets dehors.
20. Décrocher les balançoires.
21. Ramasser les feuilles.
22. Passer un rateau dans le carré de sable.
23. Voir mon amie Constance.
24. Aller souper chez mon amie Nancy.
25. Faire du scrapbooking avec Marie-Claude.
26. Amener Raphaël à la piscine.
27. Aller jouer chez Annie avec les enfants.
28. Aller aux pommes.
29. Aller aux citrouilles.
30. Décorer une citrouille.
31. Décorer la maison pour l'Halloween.
32. Décorer la maison pour Noël.
33. Préparer un souper d'amoureux avec chéri.
34. Faire du pain doré.
35. Passer une journée complète en pyjama.
36. Peinturer les lettres pour la chambre de Mélina.
37. Trouver un rangement d'entrée pour les clés et les lunettes.
38. Faire une carte de remerciement
39. Repeinturer les chaises de cuisine.
40. Laver les fenêtres.
41. Manger à 20h devant la TV.
42. Manger des sushis, même s'ils viennent juste de l'épicerie.
43. Me crèmer en entier après la douche.
44. Magasiner sans rien acheter.
45. Écouter une nouvelle émission de télé, juste pour voir.
46. Aller marcher sur le bord de l'eau, avec les enfants et le chien.
47. Prendre un café à 2h l'après-midi, et bien faire mousser le lait et saupoudrer de cacao
48. Revoir Isabelle et ses enfants.
49. Souper avec "les filles".
50. Goûter au Kraft Dinner, voir si ça goûte encore comme dans mon souvenir
51. Faire une recette de ma maman et la trouver aussi bonne.
52. Bercer bébé Louis et apprécier la compagnie de mon amie Marilou et de sa gang.
53. Prendre des nouvelles de quelqu'un que je ne vois pas souvent.
54. Manger des jelly beans.
55. Apprendre à coudre un bouton (honteux, hein!)
56. Réparer mon calendrier et le réinstaller.
57. Me faire un thé.
58. Être en pyjama à 19h.
59. Finir mon système de classement de recettes
60. Faire une liste d'épicerie à compléter chaque semaine, simple.
61. Me faire un smoothie.
62. M'acheter un calendrier de l'Avent.
63. Découvrir un nouvel auteur à la bibliothèque.
64. Déguster un verre de vin avec mon homme.
65. Écouter un vieux film et pleurer, comme les 20 premières fois.
11 juin 2009
Quand quelque chose tombe à point...
écrit par
Unknown
à
15 h 06
J'ai fait part à une amie cette semaine de mon besoin de me ressourcer.. de réduire au minimum.. de retrouver mon énergie de combattante pour les choses essentielles, de me concentrer sur le moment présent et de ne plus mettre le peu de souffle qu'il me reste sur autre chose que ce qui doit être fait et géré maintenant.
Bref, me concentrer sur moi et sur mes enfants et sur les prochains mois à venir. Ça implique du ménage physique et psychologique. Il y a du temps perdu pour du superflu, toujours. Je veux limiter, ce que je m'apprête à vivre avec ma cocotte est unique et important, entre autres. Je vais m'éloigner de l'extérieur et me concentrer sur mon petit cocon ... c'est vital!
Je suis tombée, en faisant l'épuration de TOUTES mes années de revues de "madames", sur un vieil article. (2002) adon, la revue est tombée par terre, sur cette page. j'ai déchiré l'article, mis la revue à la récup et me voilà à vous en révéler les grandes lignes.
Pour retrouver son souffle:
1-Débrancher le pilote automatique et sortir de l'engrenage pour définir ce qui compte vraiment pour nous. (il est enclenché, ce processus)
2-Faire l'inventaire de ce qui nous encombre ou nous complique l'existence à différents niveaux: boulot, embouteillages, plantes vertes, télé, penderie qui déborde, etc.
3-Éliminer le superflu et simplifier en visant (!!) un équilibre quotidien 8-8-8: travail-temps libre-repos.
Ce changement demande des efforts et dérange. Mais parfois, il faut le faire.
AVANT TOUT, ON ACCEPTE:
*De réfléchir: dans le calme, une heure par jour, à la vie qu'on mène versus celle qu'on aimerait.
*De revoir nos attentes à la baisse: on ne peut ni tout faire, ni tout en même temps, ni tout parfaitement.
*De devoir faire des choix difficiles: laisser tomber des gens, des activités, des obligations...
*De jeter nos vieilles listes: la liste de ce qu'on 'devrait' faire et les choses que les autres espèrent que nous ferons ne devraient plus exister. la seule liste valable est celle des choses qui nous tiennent à coeur.
*De se demander: avant de procéder à un changement, de faire un achat ou s'abonner à quelque chose: cela va-t-il simplifier ma vie? si non, on laisse passer le plus possible.
ON REMET EN QUESTION:
*Les complications inutiles: si pour aller au gym, on doit faire mille et un détours pour une gardienne et éviter le trafic, vaut mieux investir sur de belles sessions d'exercices en famille à la maison par exemple.
*La propreté excessive
*La lessive à outrance.
*Les fausses urgences: le courriel peut parfois attendre, le téléphone aussi. on se réserve des moments pour ce qui peut attendre qu'on ait le temps.
*La tyrannie du 'tout faire': est-ce que ça peut attendre? ou ne pas être fait? ou être fait par quelqu'un d'autre?
ON RÉDUIT:
*Le temps consacré aux autres: et le remplacer par du temps pour soi. à faire passer tous les autres besoins avant les nôtres, on perd le contrôle de son temps.
*Nos heures de boulot: quand c'est possible, on limite le travail qu'on ramène à la maison, on se rend plus efficace au bureau...
*La durée des corvées: utiliser la minuterie de cuisine, à coup de 15 minutes, on accomplit pas mal de choses si on ne se laisse pas distraire!
*Notre consommation: plus on achète, plus on a besoin d'espace et tout ce qui s'en suit...
*Les loisirs des enfants: une ou deux activités par saison, par enfant, à leur demande seulement. imposer juste parce qu'on veut leur en donner plus est parfois plus essouflant pour tout le monde!!
ON ASSAINIT:
*Notre situation financière: régler les dettes, au plus vite.
*Notre emploi du temps: l'essentiel. le reste on dit : je n'ai pas le temps.
*Notre horaire: s'accorder des pauses.
*Notre rythme de vie: on évalue mieux le temps, on se lève un peu plus tôt et on accepte que chaque jour n'a que 24h.
*Notre mode de vie: petits repas plus souvent, faire de l'exercice simple (marche, danse..)
ON DÉLÈGUE:
*Les activités non-essentielles: le ménage peut être partagé entre les membres de la famille, ou une femme de ménage, par exemple.
*Un réseau d'entraide: utile, pour le covoiturage, la garde d'enfants, etc.
*Tâches domestiques: aux enfants, au chum...
*Fini les files d'attente: le dépôt direct, le prélèvement automatique, ça fait gagner du temps.
22 février 2009
Une poussière d'étoile.
écrit par
Unknown
à
21 h 18
Il y a environ 6 ans, de ça, autour de cette date...
Un amour tout neuf... encore à se découvrir, à apprendre à se connaître.
Quelques semaines, quatre ou cinq, tout au plus, nous liait l'un à l'autre.
On ne regardait pas encore en avant.. on en av
ait plein les pupilles de se regarder dans les yeux autant que possible.
Sans avertissement, par surprise, un jour de février... une petite poussière d'étoile m'a choisie. Une toute petite étincelle qui venait de sceller notre destin. On n'était encore qu'un couple qui ne se posait pas trop de questions. Qui s'imaginait ce que serait demain, mais qui n'
osait pas penser à la semaine d'après encore.
Je me demande encore aujourd'hui pourquoi tu m'as choisie. Pourquoi tu nous as choisi?
Une explosion d'amour au fond du coeur... puis ma vie a changé.
Subtilement.
L'amour grandissait, mon étoile aussi. Même si j'avais encore les yeux engourdis de trop souvent me perdre dans le bleu du regard de l'homme qui m'aimait, mon regard fixait quelque part, dans le vide. Mon coeur battait la chamade chaque fois que je le voyais ou que je pensais à lui... mais il semblait battre si fort, même quand il n'y était pas. C'était étrange, c'était com
me s'il y était toujours un peu, même lorsqu'il était très loin. Je me disais qu'il prenait de
plus en plus de place dans mon coeur..... la vérité était qu'il m'avait confié au creux du ventre une petite partie de son âme.
J'ai attendu. Le regard perdu quelque part dans le ciel. Le coeur gonflé.
Ce n'était plus si subtil. Mais .. j'ai attendu.
Ce matin de la mi-mars 2003 où je me suis réveillée très tôt, j'ai déballé le petit bâto
n, les doigts hésitants. Mon chum dormait à poings fermés. Sa vie était douce, à ce moment, dans les bras de Morphée. La tienne, petite étoile, commençait à peine, tout près de mes bras à moi.
J'ai eu l'impression de toucher le ciel, quand j'ai vu. Mon regard s'est fixé sur les 2 petites lignes, et soudain, une étoile s'est mise à briller, quelque part au firmament. C
'était sûrement la plus belle et la plus brillante, mais je ne l'ai pas vue. J'avais les yeux noyés dans mon destin.
J'ai réveillé l'homme qui 2 mois plus tôt, m'était encore inconnu. Et je l'ai balancé les deux pieds dans le futur.
Moi qui rêvais de ce moment depuis des années, voilà qu'il me serrait les tripes.
On a pleuré. On a souri.
On est chacun redevenu un tout petit enfant qui a besoin de sa maman. Ma maman était là. Et j'y étais, moi aussi.
Mon regard ne fixait plus le vide. Il brillait encore d'amour pour l'homme merveilleux qui venait de me dire que tout irait bien et qu'il était heureux. Mais mon regard s'était maintenant retourné vers l'intérieur. Déjà, il savait que petite poussière invisible à son oeil changerait sa vie et son regard sur celle-ci.
Petite poussière d'étoile a grandi.
J'ai su, dès la première fois où j'ai posé mes yeux sur ma petite étoile, qu'elle était bien spéciale. Un jour, ma chouette, je t'expliquerai d'où viennent les bébés. Et je te dirai que tu étais un bébé d'amour et de passion.

Mais je persiste à croire que tu es tomb
ée du ciel. J'aime croire que ce n'est pas un hasard, tout ça. Tu t'es blottie au creux de mon ventre pour devenir ce que tu es aujourd'hui.
Différente, certes. Mais... n'est-ce pas comme ça qu'on reconnaît l'étoile la plus brillante du ciel?? On dit souvent que la plus brillante est l'étoile du berger.. mais.. ce n'est pas une étoile, c'est la planète Vénus. Elle brille si fort et est si souvent admirée.. et pourtant, elle est différente de toutes les autres étoiles du ciel... j'aurais dû savoir que c'était toi..... tu as brillé si fort que tu ne pouvais pas être comme les autres...
J'ai toute une chance, de vivre ce que je vis, grâce à toi.
Tu as fait de moi quelqu'un d'autre. Ta chute du ciel a bousculé tous nos repères. Mais, pendant tout ce temps où je t'ai bercé au creux de mon ventre et maintenant, lorsque je te serre dans mes bras, j'ai l'impression d'avoir hérité d'un petit bout de ciel.
Quand je fouille bien comme il faut, il reste, tout près de mon coeur, un peu de poussière d'étoile. Tu y as laissé ta trace. Et si je fixe le ciel juste assez longtemps, un soir d'hiver, je vois l'étoile qui brille plus que les autres. Elle n'arrive pas à la cheville de celle que je vois dans tes yeux, mais elle me rappellera toujours qu'un jour, ma vie a changé.
3 janvier 2009
L'heure est encore au bilan...
écrit par
Unknown
à
14 h 18
Et voilà..
lorsqu'une année se termine, on a souvent tendance à se remémorer ce qui s'y est passé.
les belles et les moins belles choses.
Je ne ferai pas de bilan approfondi cette année.. je ne considère pas 2008 comme une année particulièrement positive, mais tout de même, il s'est passé des événements constructifs ou marquants en 2008 qui valent la peine d'être soulignés.
L'année a commencé avec de grosses remises en question.
Mon couple a été mis à l'épreuve, notre 5ème anniversaire s'est passé sous les questionnements, les incertitudes.
Nouvellement conductrice, j'ai profité de janvier pour faire un petit voyage avec les enfants chez mon amie à Rivière-du-Loup. Beau défi pour moi, relevé haut la main. Et ressourçant.
Mon père a eu un temps des Fêtes difficile, il est dépressif et suicidaire. Hospitalisation, inquiétudes, appels téléphoniques répétés, c'est difficile à gérer.
L'hiver est pénible, il neige et neige et neige encore. Un hiver record.
Mon couple va mieux, la plupart des questions auront été réglées et on peut repartir sur une base solide.
On fête, au début du printemps, les 30 ans de mon chum. Un show annulé me permet, en 2 jours, de lui organiser un petit "surprise" avec des gens qu'on aime et qui nous sont précieux.
On fête aussi, discrètement parce qu'il est malade, les 3 ans de Raphaël! Il n'est vraiment plus un bébé, notre petit amour!
C'est le début des évaluations pour Mélina.
De nombreux rendez-vous avec des orthophonistes, une ergothérapeute, une psychologue, un pédiatre, une travailleuse sociale. C'est demandant, ça fait peur, mais on sait qu'il faut progresser. On a enfin trouvé des gens qui nous prenaient au sérieux lorsqu'on disait que Mélina avait "quelque chose", après plus de 2 1/2 ans à chercher une réponse.
L'été arrive. Mélina commence la garderie à temps partiel, sous suggestion des spécialistes. L'adaptation prend quelques temps, mais elle adore. On a trouvé un endroit chaleureux et aimant pour elle, c'est rassurant!
Le diagnostic tombe aussi. Dyspraxie sévère, atteinte motrice et verbale. Ça fait mal, mais il faut progresser avec tout ça.
Chéri a quelques semaines de vacances. Enfin!
Je prends quelques jours avec les enfants pour retourner à Rivière-du-Loup, voir le bas du fleuve en été. Encore mieux!
On passe beaucoup de temps chez Nancy. On fait le plein, elle déménage bientôt et tout le monde a le coeur gros. La vie ne sera plus la même.
On achète un vélo à Raphaël et un à Mélina. Comble de joie, les 2 sauront pédaler avant la fin de l'été!!
Août arrive. Raphaël a son rendez-vous à l'hôpital pour ses tests d'allergies. Malheureusement, il est encore allergique aux produits laitiers, mais un 2ème rendez-vous pour un challenge nous confirme qu'il n'est plus allergique au boeuf. Carrés au Rice krispies et hamburgers feront donc désormais partie de notre menu!
L'automne approche. Nancy s'en va. Je réalise à quel point la vie est différente, maintenant qu'elle est loin.
On trouve une ergothérapeute pour Mélina, au privé. Coup de chance, nous sommes référés par une vieille amie à moi, on a une place tout de suite.
Ça coûte cher, mais elle est géniale et Mélina progresse tout doucement.
On inscrit Mélina à la pré-maternelle, où nous sommes refusés. On nous remet en plein visage la situation, sans le vouloir. Mélina est considérée comme une "enfant handicapée". Les procédures d'aide financière et d'inscription à la pré-maternelle pour enfants handicapés commencent.
On fête les 5 ans de Mélina, malade évidemment. Qu'elle grandit en beauté, cette puce!
L'hiver commence. L'horaire de Mélina est bookée mur à mur.
On songe à l'école à la maison, à moyen-terme. Les perspectives de scolarisation au public sont obscures pour elle.
Le temps devient difficile à gérer, avec tous les rendez-vous, les suivis, le taxi que je dois faire dans différentes villes.
Je fête mes 30 ans.
Les vacances de Noël sont accueillies avec soulagement.
Noël plutôt tranquille, dans nos petites familles à tour de rôle. Les enfants sont gâtés mais surtout comblés par la magie qui entoure Noël.
Un des deux palliers du gouvernement termine notre année en beauté, Mélina est admissible à l'aide financière. Ça ne représente pas grand chose, mais ça aidera. C'est un début. Elle a, malgré tout, une bonne étoile, je crois.
Je commence 2009 avec l'envie d'épurer ma vie.
La situation de Mélina nous a obligés à revoir certaines choses. D'autres circonstances aussi font que l'on doit rebâtir notre quotidien.
J'aurais tant de projets, mais pas assez de temps. Prioriser. Et épurer.
Prendre soin de ma grande chouette qui travaille si fort, passer de beaux moments avec mon petit homme qui devient toujours plus épatant et attachant. Ne pas m'oublier, je mérite aussi du temps. Prendre soin de mon homme, et de notre couple qui va de l'avant.
Trouver du temps pour des amis précieux. Que je ne vois pas assez souvent et qui représentent pourtant une importante part de ma vie.
Miser sur le bien-être de tout le monde. Oublier les luxes superflus et trouver notre richessse dans les petits riens qu'on n'attendait pas ou auxquels on aurait oublié de s'attarder si on avait pas la vie qu'on a.
M'organiser. Pour que tout le monde y trouve une petite part de bonheur.
La vie ne coulera certainement pas doucement pour nous en 2009. Mais je vais tenter de bien ramener dans ce tourbillon, pour ne pas perdre le cap!
Bonne Année!!!
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