25 août 2014

Ce n'est PAS juste un tigre...

La semaine dernière, pendant nos vacances familiales, nous sommes allés au Zoo de Granby.
Nous y allons aux 2-3 ans, dès que nos Air Miles me permettent de commander des billets gratuits en fait ;) (à noter, le Zoo offre un accompagnateur adulte gratuit pour un enfant avec diagnostic!)

C'est devenu une blague sur mon dos, mais quand je vais au Zoo, j'ai 4 ans!!

Chaque fois, je m'étonne de constater que "d'un côté de la rue, y'a un Tim Hortons, une épicerie où les gens font leurs commissions, des maisons même.... et de l'autre côté, y'a des girafes! des éléphants! des lions et des tigres!!"

Pour moi, c'est un grand bonheur que de côtoyer ces animaux l'espace d'une journée.
Lors de mon voyage à Berlin en 2002, j'ai profité d'une journée seule pour aller visiter le Zoo, tellement j'aime ça!

Je lis les pancartes, je regarde vivre les animaux, je m'intéresse à ce que les guides racontent...

On a assisté à la présentation des tigres. Comme d'habitude, je suis bouche ouverte, oreilles tendues, yeux attentifs.. Il y a trois "bébés" tigres à moins de 20 mètres de nous!

Tout le monde est entassé. Tout le monde est fasciné.
Un monsieur tente de se faufiler derrière moi pour prendre une photo. Je lui offre de s'avancer. Il a affaire à la bonne personne, pour sympathiser avec sa fascination!!
Puis, derrière moi, deux femmes se retrouvent assez loin pour ne pas bien voir... et l'une dit à l'autre: "bah viens-t-en, c'est pas grave, c'est juste des tigres!"

JUSTE des tigres? Vraiment?
T'es en plein coeur d'une ville du Québec, tu es face à face avec un tigre et tu ne ressens rien?

Je dois avoir la capacité de m'émouvoir trop facile. La fascination trop présente. La création de petits bonheurs trop fréquente!

Pour moi, un tigre, ce n'est PAS JUSTE un tigre.

Une sortie au Zoo, et j'ai 4 ans. Je suis impressionnée, intéressée.

Mais je suis comme ça sur bien des trucs.

Je remarque les beaux paysages. Je remarque l'éclat du soleil sur l'eau quand mes enfants sont aux jeux d'eau du parc. J'entends les criquets à la campagne (avant de rester en campagne, quand on arrivait chez mes beaux-parents le soir, je faisais arrêter la voiture de mon chum et j'ouvrais les fenêtres juste pour les écouter!).

C'est peut-être ça qui me tient debout à travers les nombreuses épreuves des dernières années.

Je me souviens même avoir apprécié le petit vent chaud, un soir que je marchais dans le stationnement de l'hôpital après être allée passer la soirée avec mon père mourant. Ce soir-là, c'était son dernier moment conscient, éveillé. Je ne le savais pas. Je savais par contre qu'il mourrait sous peu. Et je trouvais que cette soirée de fin de mai était idéale pour la température. Le vent. La chaleur. Le soleil quasi disparu. L'absence de bruits.

Je m'émeus et m'émerveille facilement. Oui.
Mais ce soir-là, mon constat était positif. La vie était bonne. Même face à la mort.

Et la semaine dernière, ce n'était pas JUSTE des tigres.
C'était mes vacances, mon émerveillement, mon lien avec mes enfants et leur curiosité.
C'était aussi un souvenir. Heureux.


1 commentaire:

camaranne a dit...

J'adore vos chroniques très sensées. Vous avez une tête sur vos épaules chère madame! Un bon jugement également. Et vous êtes surtout très touchante. Merci de mettre de l'émotion dans ce monde étourdissant parfois!
D'une maman et grand-maman attentive.