25 août 2014

Rater une occasion ou "fail" parental public.

Constat: les enfants ne sont plus ce qu'ils étaient.
Double constat: les parents non plus.

Mais plus ça change, plus c'est pareil, j'imagine?

J'ai été élevée par mes parents encore mariés.
Ma mère était à la maison. Mon père travaillait à l'extérieur.
Ma mère était principalement responsable de s'occuper de moi. Mon père travaillait à l'extérieur.
C'était ce genre de famille, où le père tond le gazon, sort les poubelles, amène l'auto au garage et ramène le salaire.

À mon souvenir, ma mère n'était pas particulièrement sévère. Mais je n'étais pas particulièrement tannante non plus.

Mais une chose qu'elle m'a appris hors de tous doutes... C'est écrit? Tu le fais!
C'est obligatoire? Tu le fais!
Tu respectes l'adulte qui donne des consignes et avec le jugement que je t'ai donné, tu sauras quand il faut questionner l'autorité. Sinon, tu ne le fais pas.

Bon. Ma génération n'en était pas une de négociations.
On ne négociait pas. On faisait.

Ou était-ce moi qui était trop sage?
Ma mère me disait de rentrer à 9h, je revenais à 8h55.

Je ne sais pas c'est quoi le pire qui aurait pu arriver si je n'avais pas obéi. Mais je n'avais pas envie de savoir.
Ma mère était quelqu'un de droit, elle était humaine et compréhensive. Elle avait eu la vie dure, mais elle était juste. Alors je ne questionnais pas.
J'ai appris à faire confiance aux jugements des autres aussi. Aux adultes qui m'entouraient. J'étais une élève modèle, bien sûr. Je n'aurais pas osé répondre à mes professeurs.
Elle n'a jamais utilisé le "attends que ton père arrive", parce qu'elle était crédible à mes yeux à elle toute seule.

Le jugement, ça se construit en vieillissant. Je suis capable de juger de la pertinence des choses, des demandes, des consignes. Je l'ai été rapidement, jeune, quand même.

Mais quand je vois de jeunes parents, avec de jeunes enfants, se foutre des lois, des consignes, des règles, de l'autorité des autres adultes, je me dis que ces enfants-là ne développeront pas leur jugement ni leur confiance en l'autorité.

La seule chose qu'ils développeront, c'est l'idée que "ce qui est bon pour les autres ne l'est peut-être pas pour moi" et s'en serviront malheureusement à mauvais escient avant longtemps!

Alors à vous, chère maman de La Ronde qui croyez que les règlements de grandeurs sont là pour vous faire chier... Ils sont là PREMIÈREMENT pour la sécurité de vos enfants et des autres. Mais aussi un peu pour leur montrer qu'ils ne sont pas rois et maîtres. Qu'ils ne peuvent pas tout faire. Que cultiver l'attente et le désir, ça a du bon pour tous. Et aussi un peu leur prouver que ce n'est pas tout le monde qui leur dira oui pour éviter une crise, un "t'es pas fine" ou un "j't'aime pu!".

Vous aurez raté une belle occasion de montrer à vos enfants que même les adultes doivent respecter l'autorité et que les règles ne sont pas toutes là pour être remises en question.

Ce n'est PAS juste un tigre...

La semaine dernière, pendant nos vacances familiales, nous sommes allés au Zoo de Granby.
Nous y allons aux 2-3 ans, dès que nos Air Miles me permettent de commander des billets gratuits en fait ;) (à noter, le Zoo offre un accompagnateur adulte gratuit pour un enfant avec diagnostic!)

C'est devenu une blague sur mon dos, mais quand je vais au Zoo, j'ai 4 ans!!

Chaque fois, je m'étonne de constater que "d'un côté de la rue, y'a un Tim Hortons, une épicerie où les gens font leurs commissions, des maisons même.... et de l'autre côté, y'a des girafes! des éléphants! des lions et des tigres!!"

Pour moi, c'est un grand bonheur que de côtoyer ces animaux l'espace d'une journée.
Lors de mon voyage à Berlin en 2002, j'ai profité d'une journée seule pour aller visiter le Zoo, tellement j'aime ça!

Je lis les pancartes, je regarde vivre les animaux, je m'intéresse à ce que les guides racontent...

On a assisté à la présentation des tigres. Comme d'habitude, je suis bouche ouverte, oreilles tendues, yeux attentifs.. Il y a trois "bébés" tigres à moins de 20 mètres de nous!

Tout le monde est entassé. Tout le monde est fasciné.
Un monsieur tente de se faufiler derrière moi pour prendre une photo. Je lui offre de s'avancer. Il a affaire à la bonne personne, pour sympathiser avec sa fascination!!
Puis, derrière moi, deux femmes se retrouvent assez loin pour ne pas bien voir... et l'une dit à l'autre: "bah viens-t-en, c'est pas grave, c'est juste des tigres!"

JUSTE des tigres? Vraiment?
T'es en plein coeur d'une ville du Québec, tu es face à face avec un tigre et tu ne ressens rien?

Je dois avoir la capacité de m'émouvoir trop facile. La fascination trop présente. La création de petits bonheurs trop fréquente!

Pour moi, un tigre, ce n'est PAS JUSTE un tigre.

Une sortie au Zoo, et j'ai 4 ans. Je suis impressionnée, intéressée.

Mais je suis comme ça sur bien des trucs.

Je remarque les beaux paysages. Je remarque l'éclat du soleil sur l'eau quand mes enfants sont aux jeux d'eau du parc. J'entends les criquets à la campagne (avant de rester en campagne, quand on arrivait chez mes beaux-parents le soir, je faisais arrêter la voiture de mon chum et j'ouvrais les fenêtres juste pour les écouter!).

C'est peut-être ça qui me tient debout à travers les nombreuses épreuves des dernières années.

Je me souviens même avoir apprécié le petit vent chaud, un soir que je marchais dans le stationnement de l'hôpital après être allée passer la soirée avec mon père mourant. Ce soir-là, c'était son dernier moment conscient, éveillé. Je ne le savais pas. Je savais par contre qu'il mourrait sous peu. Et je trouvais que cette soirée de fin de mai était idéale pour la température. Le vent. La chaleur. Le soleil quasi disparu. L'absence de bruits.

Je m'émeus et m'émerveille facilement. Oui.
Mais ce soir-là, mon constat était positif. La vie était bonne. Même face à la mort.

Et la semaine dernière, ce n'était pas JUSTE des tigres.
C'était mes vacances, mon émerveillement, mon lien avec mes enfants et leur curiosité.
C'était aussi un souvenir. Heureux.


26 juillet 2014

Le vieux temps..

Ce midi, lors d'une rare sortie mère-fille, je suis arrêtée manger avec ma doudoune dans un restaurant de la ville où j'ai grandi.

Ce restaurant, j'y suis allée des dizaines de fois.
Il existait quand j'étais petite et de sa fenêtre, on voit mon école primaire et mon école secondaire de l'autre côté de la rue.

C'est un endroit familier.
C'est un endroit où j'ai dîné avec ma mère, quand elle me faisait une surprise et venait me chercher à l'école le midi.
C'est un endroit où je suis arrêtée avec mon père, chercher une frite pour accompagner les t-bones, le soir, et qu'on en mangeait presque la moitié dans l'auto en chemin.

C'est un endroit d'avant, qui existe encore maintenant.

Pendant qu'on mangeait, ma grande me posait beaucoup de questions sur les alentours, sur comment c'était "dans le vieux temps" comme elle dit.

Bien sûr, il y a une pancarte pour nous rappeler qu'un coke coûtait 5 sous, un hot dog steamé coûtait 15 sous et un cheeseburger coûtait 40 sous ...

Mais au-delà de la déco qui me semble ne pas avoir changée...
Au-delà de mon école primaire qui n'en est plus une...
Au-delà des bâtisses qui ont changé de vocation, depuis...

Dans le vieux temps, il y avait moi.

Moi, qui ne craignait pas la mort.
Qui pensait que tout durait toujours.
Qui ne connaissait que cette ville, que ces environs, que ces décors splendides.
Qui ne se doutaient aucunement de ce qu'elle y vivrait.

Dans le vieux temps, maman et moi, on se prenait des hot dog moutarde-chou avec une frite où on mettait du vinaigre et du sel et j'étais la petite fille la plus heureuse du monde.
Dans le vieux temps, papa payait le sac brun rempli de frites grasses, mais c'était moi qui endurait la chaleur du sac entre mes cuisses tout en pigeant dedans et en me lichant les doigts.

Dans le vieux temps, mon monde tournait dans ce coin de rue.

En quittant, nous sommes passées devant le cimetière.
Là est enterrée ma foi.
Et mon meilleur ami d'enfance. Mort à 11 ans.

Autour de ce cimetière, toute ma vie est un peu décédée, depuis. C'est dans ces rues que mon père a passé ses dernières années. C'est dans ces rues qu'on avait trouvé une résidence pour les derniers mois de ma mère et où on lui a rendu visite lors du dernier Noël.
C'est mes amies d'enfance que je ne vois plus.
C'est mon enfance, que je ne vois plus.

Il faut que je me souvienne.
Les murs ne me parlent plus. Mes parents ne me racontent plus.

Je dois m'accrocher aux coins de rues familiers. Pour que le vieux temps demeure...

30 mai 2014

Pas un héros.

Ce texte-ci: http://www.yoopa.ca/blogueurs/billet/mon-pere-na-jamais-ete-mon-heros#.U4iJMFmDWZs.facebook , de mon amie Julie, m'a inspiré ce billet-ci.

Le texte est touchant, il est vrai, il est dur et tendre à la fois. Mais c'est le titre qui m'a accrochée.

On s'apprête à fêter la fête des pères, et encore plus, je m'apprête à vivre le premier anniversaire du décès du mien. Le 2 juin.

L'an passé, ça m'a frappée, la fête des pères. Parce que maintenant, je ne suis que spectatrice. À la fête des mères, au moins, j'y gagne du réconfort, étant moi-même fêtée. Mais pas à la fête des pères.

Je pense souvent à mon père. Pratiquement tous les jours, je dirais, j'ai au moins une pensée pour lui.

Et pourtant, tout comme le billet sur Yoopa, mon père n'a jamais été mon héros.
Oh bien sûr, peut-être un peu, toute petite, dans la naïveté et dans l'amour inconditionnel qu'une fillette porte à son père.

Mon père n'était pas une personne facile à vivre, il n'était pas quelqu'un de facilement appréciable.
Alcoolique avec des habiletés sociales bien en deçà de la moyenne des gens, une tendance à la violence, une capacité d'écoute quasi-inexistante et une aversion pour tous les gens qui ne partageaient pas les mêmes intérêts que lui, il n'était généralement pas quelqu'un que l'on cherchait à côtoyer. Il était aussi maniaco-dépressif, ce n'est pas de tout repos, ça. Quelques tentatives de suicide, des épisodes dépressifs et des épisodes maniaques, qui se succèdent parfois très rapidement, surtout dans les dernières années...

Sur son lit de mort, à la fin mai, il me donnait des listes de noms. Des gens qu'il a connus, son frère, sa fille, son meilleur ami... Vous savez combien de personnes sont venues le visiter? Deux. Mon parrain et ma marraine. Malgré le fait qu'ils ne l'avaient pas vus depuis des années.

Aucun de ses chums de taverne n'a versé de larme ou tenté de venir exprimer ses sympathies. Aucun vieux collègue n'a cherché à le recontacter. Aucun membre de la famille de ma mère n'a répondu à ses demandes ou n'a manifesté d'empathie (sauf une cousine, des semaines après sa mort, d'un courriel un peu impersonnel...)... Les carnets de numéros de téléphone qu'il me donnait ou me demandait d'aller chercher dans son appartement contenaient des numéros qui n'existaient plus, qui ne menaient plus nulle part. Sa propre fille a appris son décès un mois et demi plus tard.

Il est mort seul, avec moi.

Je n'ai pas été capable de le laisser mourir seul.

Pourtant, j'avais bien laissé ma mère quelques heures, pour m'occuper de mon bébé, quand elle a décidé de partir. Elle qui n'a jamais failli à sa tâche de mère.

Je n'ai pas quitté le chevet de mon père les 3 derniers jours avant sa mort et j'y suis allée quotidiennement pendant des semaines.

Je l'ai lavé. Je l'ai changé. Je l'ai recouché alors qu'il tentait de se sauver. Je l'ai écouté m'engueuler car je n'avais pas encore fait déménager ses bibliothèques de livres à l'hôpital. Je l'ai écouté me lister des noms de gens que je devais retrouver.

Mon père est mort, quasi seul. Parce qu'il a créé cette solitude autour de lui.

Il n'a été le héros de personne.

C'est dur de l'écrire, mais mon père n'était pas un être humain agréable, de façon générale.

J'ai bien sûr quelques souvenirs de lui, des bons même...

Mais n'est-ce pas là la seule beauté des départs? On ne se rappelle presque que du positif.

Pourtant, entre moi et mon père, il y en a eu, du négatif.

Il n'a pas été mon héros, et pourtant, il a si souvent écrit à quel point j'étais le plus merveilleux bonheur de sa vie. Il a toujours eu tant de misère à accorder ses actes avec ses écrits.

Il a passé ses derniers jours dans un état semi-comateux, puis comateux. Juste avant de sombrer pour de bon dans un coma muet, les derniers mots qu'il m'a dit ont été "je t'aime, mon miracle".

Non, mon père n'était pas mon héros. Il a même souvent été mon fardeau.
Malgré tout, il a été celui qui m'a aimée inconditionnellement dès le premier jour de mon existence. Il a été mon père. Ni grandiose, ni remarquable, mais le seul que j'avais.



29 avril 2014

Être fatiguée-Un soir de semaine.

Pour faire suite à cet excellent billet : http://www.mamanaunplan.com/2014/04/29/etre-fatiguee-un-soir-de-semaine/ et le constat que nos soirées de semaine (et parfois de weekend) ne ressemblent pas aux pubs télés qu'on voit ou aux articles qu'on lit dans les revues... Voici... Mon propre "être fatiguée-un soir de semaine".

Comme je suis toute seule tous les soirs, la semaine, jusqu'à ce que les enfants aillent au lit.
Comme je travaille avec des enfants toute la journée et que j'ai l'impression d'empiler les "shifts".
Comme je vis un mal de tête chronique depuis août.
Comme je suis "oh-tellement-loin-d'être-parfaite"...
Voici ma soirée fatiguée.

15H: Si je suis chanceuse, je suis déjà à la maison. Sinon, je suis sur la route, stressée, à espérer arriver avant mes enfants dans l'autobus pour éviter une crise d'angoisse de miss-la-doudoune.
Je défais l'épicerie/vide ma voiture de 300 trucs/pars une brassée de lavage/me demande "qu'est-ce qu'on mange ce soir?"...

15H10: Les chiens jappent. En choeur. Fort. Les enfants arrivent. Ils chialent. En choeur. Fort.

15H12: Je me fais un café. Il sera nécessaire. Y'a pas congé de devoirs. Je répète sur le même ton "Bonjour mes amours... C'était une bonne journée?" en espérant casser la "vibe" négative.

15H15: Ils mangent. Juste après s'être chicanés pour se laver les mains en premier. Je bois mon café. Juste après avoir constaté que je n'avais plus de Bailey's à mettre dedans. J'écoute le récit de leur journée. Non. J'entends le récit de leur journée. Je pense à 20h. Je suis fatiguée-un soir de semaine.

15H25: Heure des devoirs. Toujours pas de Bailey's. Toujours pas 20h. La laveuse sonne, j'y vais en disant à mon fils "continue de lire, je t'écoute..." J'écoute le froissement des vêtements que je transfère dans la sécheuse pas mal plus que j'écoute l'histoire. Heureusement, il lit bien et il me fera le résumé après. Je ferai semblant de savoir de quoi je parle en lui posant des questions.

15H35: C'est long, des devoirs/leçons X 2 enfants. Je les envoie étudier leurs mots de vocabulaire. Pour stimuler leur autonomie, tout seuls. Pour reposer mes oreilles, aussi.

15H40: On revise les tables de multiplications. Je me demande toujours quoi faire pour souper. Pas parce que je n'ai pas de plan (j'en ai toujours un...), mais parce qu'il ne me tente pas.  Même rapide, il sera trop long. Mangé trop vite. Salira trop de vaisselle. Ne récoltera aucun merci. Ne fera pas de moi une meilleure mère. Juste plus fatiguée-un soir de semaine.

16H: Les devoirs et leçons sont normalement terminés (sinon, je déclare qu'ils le sont). Les enfants vont jouer. En fait, ma fille va jouer. Mon fils continue de parler. Je me dis que le service de garde, vu qu'ils aiment ça, serait un bon investissement si je pouvais juste déclarer "ce soir, trop fatiguée, je vais les chercher à 17h et je fais une sieste avant". Mais je ne suis pas comme ça. Je me convaincs. Je mets le papier du SDG au recyclage.

16H30: Je suis encore en train d'enfiler lavage/ramassage/remplissage de paperasse/signature de trucs et autres trucs palpitants, pour éviter de penser au souper. Pourtant, il ne se fera pas tout seul. Je me répète "ne propose pas des crêpes... c'est un faux-déjeûner-souper... c'est loooong !".

16H45: "Maman, on mange quoi ce soir? Je commence à avoir faim."

16H50: Il me semble que la soirée est longue, déjà. Ça doit être le côté sombre du bonheur de travailler à temps partiel. Ça laisse plus de temps. Mais pas quand on est fatiguée.

16H52: Je dois VRAIMENT embrayer pour un souper. Des enfants affamés et une maman fatiguée, pas super. Je vais finir par faire le souper prévu, plus par "cheap-itude" que par "envie".

17H30: On bouffe. Je maudis les assiettes en carton de ne pas être écologiques et ma conscience de l'être. J'évite la question "est-ce que je dois laver les cheveux de ma fille ce soir?" parce qu'inévitablement, ça tombe toujours  le soir où je suis crevée.

18H: Je fais la vaisselle/ramassage/début de lunchs avec mes écouteurs et mon iphone. C'est la seule façon d'avoir du silence. (ironique, je sais.)

18H30: Douche, bain. Je maudis ma conscience de ne PAS être capable de lâcher prise là-dessus.

18H50: Je deviens la MEILLEURE MÈRE DU MONDE quand je demande aux enfants s'ils veulent écouter une émission ou commencer un film. Ils ne savent pas que je le fais pour moi, pas pour eux. Ça rend ça tellement plus spécial. Je m'assois, sans l'écouter vraiment. Je maudis mon divan d'être si confortable et me demande à quel âge je n'aurai plus besoin de m'en détacher pour monter border mes enfants.

19H45: Dodo des troubadours. Je monte les border, en quittant le divan non sans chigner un peu.
Je sors les vêtements, maudis les bas qui ne se rendent jamais seuls dans les tiroirs et m'obligent à les courailler alors que je n'ai plus d'énergie. Je replace les cadrans, les volumes de musique, les doudous, le chien, les toutous, les bisous.... Et puis....

Je me souviens que j'aime ça, les border. Et qu'ils vont terriblement me manquer quand ils ne rentreront pas dormir ou qu'ils monteront sans même me dire "bonne nuit"...

Puis je me rappelle à quel point je suis fatiguée, j'oublie mon romantique-mélancolique moment de maman et je dis "ok bye bonne nuit je vous aime à demain" et je descends sans regarder derrière.

J'enligne directement le divan. La télé. La doudou.

Je rechignerai et grognerai si un des enfants me rappelle.
Je pesterai contre le linge que j'ai oublié dans la laveuse.
Je me rappellerai trop tard que je devais aussi laver le linge d'éduc pour le lendemain.
Je me dirai que me démaquiller serait une bonne idée, mais qu'arrêter de me maquiller serait encore plus rentable.
J'oublierai de signer ce chèque, de retourner cet appel, de découper ces images et de lire ce fameux roman.
Je lèverai une fesse pour enlever ce bout de papier qui me dérange sur le divan et sur lequel il est écrit "to-do list". Je le lirai demain.

Mon chum arrivera environ au même moment. Trouvera encore sa blonde sur le divan. Se dira qu'on manque de loisirs. Je lui répondrai qu'en fait, on manque de Bailey's. Et de vin.
Et que demain, ça ira peut-être mieux. Ou pas. Mais qu'un jour, ce sera vendredi. Et qu'il y aura au moins des restants. Et du vin.

1 avril 2014

Poisson d'avril

Avril est le mois de l'autisme.

Le 2 avril, donc demain, c'est la journée internationale de l'autisme.
Pour cette occasion, nous vous invitons à vous habiller en bleu, pour soutenir la cause.
Parce que plus on en parle, moins ce sera tabou.

CNN a publié la semaine passée les résultats d'une étude qui démontre qu'un enfant sur 68 serait autiste, aux États-Unis.
http://www.cnn.com/2014/03/27/health/cdc-autism/

Avant longtemps, croyez-moi, vous connaîtrez tous quelqu'un qui est autiste ou qui a un enfant autiste.

D'ici là, informez-vous.
Autiste ne veut pas dire "rain man".

Vous connaissez ma fille, vous savez.
Vous la connaîtriez, vous ne sauriez pas si je ne vous l'avais pas dit.

Sur mon chandail bleu d'aujourd'hui, qui précède la journée où toute ma famille en portera un, ma fille voulait y mettre quelque chose.

"Ne bouge pas maman, je veux mettre quelque chose sur ton chandail. Mais je te dis pas c'est quoi".

(...)

"Maman, il est où le papier collant? Il faudrait que tu sois de dos par exemple... Je te dis pas pourquoi."

Je ne peux pas lui confier un secret d'importance.
Je ne peux pas organiser de surprise avec elle.

Elle déteste être surprise, mais elle aime bien le faire vivre aux autres.... À sa façon.

Parce qu'après tout, pour fêter le mois de l'autisme, il faut quand même commencer par ses classiques.

Joyeux Poisson d'Avril.
Et bon mois de l'autisme.

Profitez-en donc pour offrir votre oreille ou un coup de pouce à une famille qui vit avec l'autisme au quotidien. Croyez-moi... elles sont toutes fatiguées!


5 mars 2014

Le jour où je suis devenue cheap...

Par la force des choses et de nos choix, et parce que la vie nous réserve parfois de bien mauvaises surprises, je suis un jour devenue cheap.

Cheap, comme dans vraiment cheap.

Maintenant, la vie est plus douce avec nous. Nos choix ont changé (mais ils étaient nécessaires à ce moment-là de notre vie), la vie nous lance un peu moins de briques, on se réorganise...
On a encore des restrictions, par exemple, je ne travaille qu'à temps partiel (5h par jour, 5 jours par semaine) pour être présente auprès des enfants (et particulièrement ma grande qui en souffrirait grandement autrement..). Mais on a plus de "jeu".

Et malgré tout, je suis encore cheap.
Et je l'assume tellement bien.

Parce que maintenant, pour moi, être cheap, c'est dépenser intelligemment les dollars que je gagne et que mon conjoint gagne. J'aime mon travail, mais je considère tout de même que si je gaspille l'argent que j'y gagne, je serais aussi bien de gâter mon nombril en restant chez moi (je ne suis VRAIMENT pas une workaholic!!)

Je vous partage donc quelques trucs, mais je fais parfois exception pour certaines petites choses, parce qu'une petite douceur fait du bien au quotidien de la vie...

-JAMAIS je n'achète de viande pas en spécial, de céréales pas en spécial, de fromage pas en spécial, de gâteries pas en spécial... Il y a TOUJOURS d'autres alternatives. Et entre le poulet à 15$ le kilo et celui à 8,80$ le kilo, je sais qu'il y a des dollars qui restent dans mes poches.

-RAREMENT j'achète des fruits et légumes à plein prix. Ça m'arrive, parce que j'ai des enfants qui ont des goûts bien précis, parce que les crudités dans les lunchs doivent toujours être les mêmes pour une fillette autiste/rigide, mais encore là, il y a PRESQUE TOUJOURS une alternative, que ce soit dans le choix du légume, dans le format, ou dans le lieu où on décide de l'acheter.

-Dans l'optique épicerie, je ne fais JAMAIS une seule épicerie par semaine. J'arrête au moins à 2-3 endroits. J'ai de la chance, ça ne vient pas avec une dépense d'essence, elles sont toutes très près de mon travail et/ou sur mon chemin. Je fais ma liste le weekend, je connais mes prix et je choisis les places qui offrent le meilleur pour nous. (Je ne couponne pas... mais j'imagine qu'il y a du potentiel là... mais bon, je choisis mes batailles et celle-là, je ne la mène pas :)

-Pour les sorties, j'ai développé quelques trucs. On n'est pas des gros sorteux, mais comme en temps de relâche ou en vacances l'été, c'est bien de pouvoir en profiter un peu.
*Utiliser la carte CAA. (parce qu'avec 2 vieilles voitures, c'est un must à dépenser..) Elle permet d'avoir des rabais sur plusieurs activités.
*Utiliser les Air Miles. Mine de rien, parfois, ça donne un rabais intéressant, une entrée gratuite, un certificat pour se gâter.
*Profiter du métro gratuit. Pendant la relâche, les weekends aussi et à d'autres moments, le transport en commun à Montréal est gratuit pour les enfants de 11 ans et moins (5 enfants par adulte).  On se trouve un stationnement gratuit (dans l'est, je me stationne à la Place Versailles, près de la rue Sherbrooke. 5 minutes de marche, et on est au Métro!). En plus, les enfants aiment ça!! Et ça évite les frais de stationnement de bien des endroits qui coûtent déjà cher!!!
*Lorsqu'on a un diagnostic en main, plusieurs endroits offrent un billet de parent accompagnateur gratuit. Par exemple, hier, aller au Biodôme avec mes deux enfants ne m'a coûté que 15$.
*Profiter des tarifs spéciaux à des moments moins achalandés. Pendant une pédago mal placée, aller au cinéma ou dans une sortie qui charge moins cher (et est moins achalandée) que la fin de semaine. Les soirs sont parfois des moments avantageux pour certaines choses.
*Y aller avec des amis et profiter du tarif de groupe. Parfois, ça commence à 10 ou 15 personnes. Comme j'ai des amies avec 3 et 4 enfants, ça monte vite! (et c'est tellement plus le fun!!)
*Traîner son lunch quand c'est possible, sinon organiser les heures de sorties en fonction du entre-les-repas (parce que payer un berlingot de lait 3$ au Biodôme me fait redouter le prix que coûte 3 repas complets!!!)

-On peut trouver des jeux de société usagés à très bas prix dans plusieurs endroits qui se spécialisent là-dedans. Il y a une belle boutique à Ste-Thérèse, il y a aussi des librairies de livres usagés qui tiennent également des jeux. Les livres usagés sont également un must, surtout pour les adultes. Sinon, la bibliothèque publique est parfaite. On peut ici emprunter 20 documents pour 3 semaines, c'est amplement pour faire le tour. Encyclopédies, films, livres, romans, revues (je n'en achète plus maintenant et je les lis encore toutes..)

-Trouver une autre façon de combler nos dadas. Voici les miennes.
*Revues: je les emprunte à la bibliothèque. Au moins 20$ de plus dans mes poches par mois.
*Vêtements: je vais dans les entrepôts de mes magasins préférés. Je vais chez Winners. Je fais du troc avec mes amies qui sont tannées de leurs vêtements encore en bon état. Idem pour les enfants. Je vais au comptoir familial du village (excellent endroit pour des morceaux passe-partout pour la maison, une 2ème paire de salopettes au cas, un casque de vélo pour finir l'été, etc.)
*Jeux de société: les boutiques spécialisées en jeux usagés. Les ventes de garage. Le comptoir familial. Les liquidations de boîtes endommagées. Les échanges (parce que le jeu de mémoire Dora, un moment donné, toutes les familles se tannent... :)
*Livres: j'aime les avoir chez moi. Je me suis calmée et j'en achète BEAUCOUP moins, car ça prend de la place, mais c'est tout de même un grand bonheur que de les acheter pour moi. Alors je fais mi-chemin et je les achète usagés. Ventes de garage, comptoir familial, il y a aussi une petite tablette vente à 25 sous et 1$ à ma bibliothèque.
*Bulk Barn: la place pour mes petits dadas alimentaires. Ça me suffit souvent d'avoir une petite quantité d'un truc. Alors le vrac où je peux avoir exactement la quantité nécessaire et désirée, ça me plaît! (faire attention par contre.. difficile de calculer quand on fait juste remplir des sacs transparents!)
*Café: bien que j'Adore me payer un bon café de temps en temps, remplir ma tasse pour l'auto à la maison et le boire en route vers le travail me fait quand même économiser beaucoup d'argent et je peux me permettre un excellent café en grains fait à mon goût pour le tiers du prix du café régulier du Tim ! Aussi, profiter des promos de temps en temps.. comme le petit café gratuit chez McDo. Y aller pendant une semaine plutôt que d'arrêter au Tim nous met 10$ de plus dans nos poches pour autre chose quand même!!

-Le fameux vendredi "j'ai ma semaine dans le corps-ça me tente pas de cuisiner" ! Je lis beaucoup d'amies pour qui vendredi=resto. Mon côté cheap me dit non, même si moi aussi, le vendredi, j'ai envie de ne pas cuisiner (surtout que je suis seule toute la semaine pour les repas avec les enfants, donc je mérite bien un petit congé aussi..). Ma solution? Un souper touski (les restants) offert en buffet, ou une pizza congelée (ou autre repas tout prêt qui ne tue personne une fois de temps en temps...) Tant qu'à commander une pizza à 25-30$, ce n'est pas plus long de mettre celle que j'ai payé 3.99$ dans le four et attendre. Je pousse souvent ma luck et je sors des assiettes en carton (vous savez, les surplus des différentes fêtes de vos enfants que vous conservez... même si plus jamais vous ne referez une fête de Fraisinette ou de Tortues Ninja.... Tant qu'à finir par les jeter..... )

-Il y a tant de repas/trucs de bouffe qu'on pourrait faire nous-mêmes et qui sont tellement moins difficiles/longs qu'on le croit. Par exemple, la tartinade de tolu de mon amie Catherine. Bye bye, Fontaine Santé. Un bloc de tofu, une carotte, un demi-oignon, mayo, moutarde en poudre... Meilleur, moins cher :)

J'en ai sûrement une tonne d'autres...


31 décembre 2013

Ça fait 8 ans...

Déjà.

8 ans qu'à cette heure-ci, le téléphone sonnait.

Tu avais quitté. Tu nous laissais sans toi, pour toujours.

Maintenant, tu n'es plus toute seule, où que tu sois. C'est moi qui le suis.

Parce que je sais ce qu'est l'amour d'une mère, je sais que tu es encore quelque part. Impossible que tu m'aies abandonnée...

Mais ma vie n'est plus la même sans toi.
Même après 8 ans, mes souvenirs sont toujours teintés de larmes.
Et cette année, je ne partage pas mes larmes de départ avec papa. Il trouvait ce jour si difficile.
Je prendrai un verre à l'année qui se termine, et à la nouvelle année sans vous qui commencera.

Tu me manques maman. Tous les jours.

Ta pinotte. xx