23 novembre 2014

Guirlandes et autres trucs suspendus

Parce que j'aime avoir un look de maison qui ne ressemble pas à l'encart du Canadian Tire de Noël ou au tout-fait de Bouclair, j'utilise un paquet de trucs pour fabriquer un paquet de décos.

J'implique souvent les enfants, ils en sont très heureux, c'est une belle façon d'attendre Noël.

Voici quelques idées de guirlandes et de trucs suspendus un peu partout.












Amusez-vous bien! :)





21 novembre 2014

Le temps des Fêtes...

Ça n'a pourtant jamais été vraiment festif..

Ah oui, peut-être dans les années où j'attendais impatiemment le Père Noël.
Peut-être dans les années où je bricolais une liste en espérant recevoir ce que j'avais commandé.
Peut-être dans l'attente, plus que dans l'événement.

Parce que mes Noëls d'enfance n'étaient pas si joyeux.
Entre mon père qui était alcoolique et ma soeur qui était dans sa crise d'adolescence (qui dure encore, même si elle a passé 40 ans!!!)... Mes souvenirs de Noël ne sont pas si gais.

Et malgré tout, j'arrive à m'émouvoir en pensant à cette année où on avait acheté un sapin neuf.
Gros luxe, pour la famille au petit budget que nous étions. Dans cette boutique où tout coûtait sûrement cher, où tout brillait, scintillait, clignotait, pailletait...
Ma mère et moi avons choisi un sapin blanc. Parce que le gros sapin vert de quand j'étais petite avait fait son temps et parce que maintenant que j'étais plus grande, on pouvait rapetisser l'ampleur de la bête, nous en avons pris un petit qui allait sur une table.

Choisir les décorations. L'étoile. Les guirlandes.
Bonheur.

Et pourtant, mes décorations préférées étaient celles que j'avais sauvées de l'ancien sapin.
Mes décorations préférées se trouvaient un peu partout dans la maison.
C'était cette crèche, un peu abîmée mais tellement "vintage", qu'on devait crinquer pour entendre une chanson de peine et de misère sous le petit Jésus.
C'était cette lumière que ma mère installait au bas de l'escalier, qui diffusait un éclairage tamisé, mais brillant.
C'était cette petite pantoufle rouge que j'accrochais au sapin.
C'était mes cannes de bonbons avec des cure-pire verts et des perles de collier.
C'était cette couronne que maman avait fait de ses propres mains, avec des cocottes de sapin, des noix et de jolis rubans (et beaucoup de colle chaude, l'odeur me touche encore...)

Noël a vite perdu sa magie.
Sauf cette veillée où j'ai demandé d'assister à la messe de minuit, pour faire plaisir à ma grand-mère. Elle est décédée un an plus tard.
Sauf ces soirs où avec ma chorale d'enfants, on faisait un spectacle devant une église bondée.
Sauf quand j'entendais mon bas de Noël claquer sur ma porte de chambre et les pas de ma mère discrètement s'éloigner.
Sauf quand ma mère venait magasiner avec moi pour que je lui achète un cadeau, qu'elle payait en me promettant de l'oublier d'ici Noël, et que mon chandelier du Dollorama la rendait heureuse pendant quelques secondes.

Je suis intense à Noël.
Dans les décorations, dans l'ambiance, dans la mise en place de souvenirs, dans les petits détais et dans les grosses folies, dans les traditions et dans les choses faites à la main.
Parce qu'on ne sait jamais ce qui va rester imprégné dans leur coeur.
Dans 20-30 ans, comment se souviendront-ils de leurs Noëls d'enfance?

J'espère avant tout qu'ils se souviendront à quel point j'y mettais toute mon âme, pour les rendre magiques. Même lorsque le Père Noël ne viendra plus, je n'abandonnerai jamais.
Pour que cette chanson qu'ils entendront à la radio leur mette les larmes aux yeux. Pour qu'ils recréent une ambiance avec des lumières feutrées. Pour qu'ils aient une image du sapin dans leurs souvenirs, pour qu'ils ressentent encore tout l'amour familial qui entourait cette fête, même si nous ne sommes que 4.
Parce que je sais qu'on ne se souvient à peu près pas des cadeaux qu'on a eu.
Mais que la petite pantoufle rouge, dans le sapin immense, prend tout de même autant de place pour eux que pour moi, chaque année.


25 août 2014

Rater une occasion ou "fail" parental public.

Constat: les enfants ne sont plus ce qu'ils étaient.
Double constat: les parents non plus.

Mais plus ça change, plus c'est pareil, j'imagine?

J'ai été élevée par mes parents encore mariés.
Ma mère était à la maison. Mon père travaillait à l'extérieur.
Ma mère était principalement responsable de s'occuper de moi. Mon père travaillait à l'extérieur.
C'était ce genre de famille, où le père tond le gazon, sort les poubelles, amène l'auto au garage et ramène le salaire.

À mon souvenir, ma mère n'était pas particulièrement sévère. Mais je n'étais pas particulièrement tannante non plus.

Mais une chose qu'elle m'a appris hors de tous doutes... C'est écrit? Tu le fais!
C'est obligatoire? Tu le fais!
Tu respectes l'adulte qui donne des consignes et avec le jugement que je t'ai donné, tu sauras quand il faut questionner l'autorité. Sinon, tu ne le fais pas.

Bon. Ma génération n'en était pas une de négociations.
On ne négociait pas. On faisait.

Ou était-ce moi qui était trop sage?
Ma mère me disait de rentrer à 9h, je revenais à 8h55.

Je ne sais pas c'est quoi le pire qui aurait pu arriver si je n'avais pas obéi. Mais je n'avais pas envie de savoir.
Ma mère était quelqu'un de droit, elle était humaine et compréhensive. Elle avait eu la vie dure, mais elle était juste. Alors je ne questionnais pas.
J'ai appris à faire confiance aux jugements des autres aussi. Aux adultes qui m'entouraient. J'étais une élève modèle, bien sûr. Je n'aurais pas osé répondre à mes professeurs.
Elle n'a jamais utilisé le "attends que ton père arrive", parce qu'elle était crédible à mes yeux à elle toute seule.

Le jugement, ça se construit en vieillissant. Je suis capable de juger de la pertinence des choses, des demandes, des consignes. Je l'ai été rapidement, jeune, quand même.

Mais quand je vois de jeunes parents, avec de jeunes enfants, se foutre des lois, des consignes, des règles, de l'autorité des autres adultes, je me dis que ces enfants-là ne développeront pas leur jugement ni leur confiance en l'autorité.

La seule chose qu'ils développeront, c'est l'idée que "ce qui est bon pour les autres ne l'est peut-être pas pour moi" et s'en serviront malheureusement à mauvais escient avant longtemps!

Alors à vous, chère maman de La Ronde qui croyez que les règlements de grandeurs sont là pour vous faire chier... Ils sont là PREMIÈREMENT pour la sécurité de vos enfants et des autres. Mais aussi un peu pour leur montrer qu'ils ne sont pas rois et maîtres. Qu'ils ne peuvent pas tout faire. Que cultiver l'attente et le désir, ça a du bon pour tous. Et aussi un peu leur prouver que ce n'est pas tout le monde qui leur dira oui pour éviter une crise, un "t'es pas fine" ou un "j't'aime pu!".

Vous aurez raté une belle occasion de montrer à vos enfants que même les adultes doivent respecter l'autorité et que les règles ne sont pas toutes là pour être remises en question.

Ce n'est PAS juste un tigre...

La semaine dernière, pendant nos vacances familiales, nous sommes allés au Zoo de Granby.
Nous y allons aux 2-3 ans, dès que nos Air Miles me permettent de commander des billets gratuits en fait ;) (à noter, le Zoo offre un accompagnateur adulte gratuit pour un enfant avec diagnostic!)

C'est devenu une blague sur mon dos, mais quand je vais au Zoo, j'ai 4 ans!!

Chaque fois, je m'étonne de constater que "d'un côté de la rue, y'a un Tim Hortons, une épicerie où les gens font leurs commissions, des maisons même.... et de l'autre côté, y'a des girafes! des éléphants! des lions et des tigres!!"

Pour moi, c'est un grand bonheur que de côtoyer ces animaux l'espace d'une journée.
Lors de mon voyage à Berlin en 2002, j'ai profité d'une journée seule pour aller visiter le Zoo, tellement j'aime ça!

Je lis les pancartes, je regarde vivre les animaux, je m'intéresse à ce que les guides racontent...

On a assisté à la présentation des tigres. Comme d'habitude, je suis bouche ouverte, oreilles tendues, yeux attentifs.. Il y a trois "bébés" tigres à moins de 20 mètres de nous!

Tout le monde est entassé. Tout le monde est fasciné.
Un monsieur tente de se faufiler derrière moi pour prendre une photo. Je lui offre de s'avancer. Il a affaire à la bonne personne, pour sympathiser avec sa fascination!!
Puis, derrière moi, deux femmes se retrouvent assez loin pour ne pas bien voir... et l'une dit à l'autre: "bah viens-t-en, c'est pas grave, c'est juste des tigres!"

JUSTE des tigres? Vraiment?
T'es en plein coeur d'une ville du Québec, tu es face à face avec un tigre et tu ne ressens rien?

Je dois avoir la capacité de m'émouvoir trop facile. La fascination trop présente. La création de petits bonheurs trop fréquente!

Pour moi, un tigre, ce n'est PAS JUSTE un tigre.

Une sortie au Zoo, et j'ai 4 ans. Je suis impressionnée, intéressée.

Mais je suis comme ça sur bien des trucs.

Je remarque les beaux paysages. Je remarque l'éclat du soleil sur l'eau quand mes enfants sont aux jeux d'eau du parc. J'entends les criquets à la campagne (avant de rester en campagne, quand on arrivait chez mes beaux-parents le soir, je faisais arrêter la voiture de mon chum et j'ouvrais les fenêtres juste pour les écouter!).

C'est peut-être ça qui me tient debout à travers les nombreuses épreuves des dernières années.

Je me souviens même avoir apprécié le petit vent chaud, un soir que je marchais dans le stationnement de l'hôpital après être allée passer la soirée avec mon père mourant. Ce soir-là, c'était son dernier moment conscient, éveillé. Je ne le savais pas. Je savais par contre qu'il mourrait sous peu. Et je trouvais que cette soirée de fin de mai était idéale pour la température. Le vent. La chaleur. Le soleil quasi disparu. L'absence de bruits.

Je m'émeus et m'émerveille facilement. Oui.
Mais ce soir-là, mon constat était positif. La vie était bonne. Même face à la mort.

Et la semaine dernière, ce n'était pas JUSTE des tigres.
C'était mes vacances, mon émerveillement, mon lien avec mes enfants et leur curiosité.
C'était aussi un souvenir. Heureux.


26 juillet 2014

Le vieux temps..

Ce midi, lors d'une rare sortie mère-fille, je suis arrêtée manger avec ma doudoune dans un restaurant de la ville où j'ai grandi.

Ce restaurant, j'y suis allée des dizaines de fois.
Il existait quand j'étais petite et de sa fenêtre, on voit mon école primaire et mon école secondaire de l'autre côté de la rue.

C'est un endroit familier.
C'est un endroit où j'ai dîné avec ma mère, quand elle me faisait une surprise et venait me chercher à l'école le midi.
C'est un endroit où je suis arrêtée avec mon père, chercher une frite pour accompagner les t-bones, le soir, et qu'on en mangeait presque la moitié dans l'auto en chemin.

C'est un endroit d'avant, qui existe encore maintenant.

Pendant qu'on mangeait, ma grande me posait beaucoup de questions sur les alentours, sur comment c'était "dans le vieux temps" comme elle dit.

Bien sûr, il y a une pancarte pour nous rappeler qu'un coke coûtait 5 sous, un hot dog steamé coûtait 15 sous et un cheeseburger coûtait 40 sous ...

Mais au-delà de la déco qui me semble ne pas avoir changée...
Au-delà de mon école primaire qui n'en est plus une...
Au-delà des bâtisses qui ont changé de vocation, depuis...

Dans le vieux temps, il y avait moi.

Moi, qui ne craignait pas la mort.
Qui pensait que tout durait toujours.
Qui ne connaissait que cette ville, que ces environs, que ces décors splendides.
Qui ne se doutaient aucunement de ce qu'elle y vivrait.

Dans le vieux temps, maman et moi, on se prenait des hot dog moutarde-chou avec une frite où on mettait du vinaigre et du sel et j'étais la petite fille la plus heureuse du monde.
Dans le vieux temps, papa payait le sac brun rempli de frites grasses, mais c'était moi qui endurait la chaleur du sac entre mes cuisses tout en pigeant dedans et en me lichant les doigts.

Dans le vieux temps, mon monde tournait dans ce coin de rue.

En quittant, nous sommes passées devant le cimetière.
Là est enterrée ma foi.
Et mon meilleur ami d'enfance. Mort à 11 ans.

Autour de ce cimetière, toute ma vie est un peu décédée, depuis. C'est dans ces rues que mon père a passé ses dernières années. C'est dans ces rues qu'on avait trouvé une résidence pour les derniers mois de ma mère et où on lui a rendu visite lors du dernier Noël.
C'est mes amies d'enfance que je ne vois plus.
C'est mon enfance, que je ne vois plus.

Il faut que je me souvienne.
Les murs ne me parlent plus. Mes parents ne me racontent plus.

Je dois m'accrocher aux coins de rues familiers. Pour que le vieux temps demeure...

30 mai 2014

Pas un héros.

Ce texte-ci: http://www.yoopa.ca/blogueurs/billet/mon-pere-na-jamais-ete-mon-heros#.U4iJMFmDWZs.facebook , de mon amie Julie, m'a inspiré ce billet-ci.

Le texte est touchant, il est vrai, il est dur et tendre à la fois. Mais c'est le titre qui m'a accrochée.

On s'apprête à fêter la fête des pères, et encore plus, je m'apprête à vivre le premier anniversaire du décès du mien. Le 2 juin.

L'an passé, ça m'a frappée, la fête des pères. Parce que maintenant, je ne suis que spectatrice. À la fête des mères, au moins, j'y gagne du réconfort, étant moi-même fêtée. Mais pas à la fête des pères.

Je pense souvent à mon père. Pratiquement tous les jours, je dirais, j'ai au moins une pensée pour lui.

Et pourtant, tout comme le billet sur Yoopa, mon père n'a jamais été mon héros.
Oh bien sûr, peut-être un peu, toute petite, dans la naïveté et dans l'amour inconditionnel qu'une fillette porte à son père.

Mon père n'était pas une personne facile à vivre, il n'était pas quelqu'un de facilement appréciable.
Alcoolique avec des habiletés sociales bien en deçà de la moyenne des gens, une tendance à la violence, une capacité d'écoute quasi-inexistante et une aversion pour tous les gens qui ne partageaient pas les mêmes intérêts que lui, il n'était généralement pas quelqu'un que l'on cherchait à côtoyer. Il était aussi maniaco-dépressif, ce n'est pas de tout repos, ça. Quelques tentatives de suicide, des épisodes dépressifs et des épisodes maniaques, qui se succèdent parfois très rapidement, surtout dans les dernières années...

Sur son lit de mort, à la fin mai, il me donnait des listes de noms. Des gens qu'il a connus, son frère, sa fille, son meilleur ami... Vous savez combien de personnes sont venues le visiter? Deux. Mon parrain et ma marraine. Malgré le fait qu'ils ne l'avaient pas vus depuis des années.

Aucun de ses chums de taverne n'a versé de larme ou tenté de venir exprimer ses sympathies. Aucun vieux collègue n'a cherché à le recontacter. Aucun membre de la famille de ma mère n'a répondu à ses demandes ou n'a manifesté d'empathie (sauf une cousine, des semaines après sa mort, d'un courriel un peu impersonnel...)... Les carnets de numéros de téléphone qu'il me donnait ou me demandait d'aller chercher dans son appartement contenaient des numéros qui n'existaient plus, qui ne menaient plus nulle part. Sa propre fille a appris son décès un mois et demi plus tard.

Il est mort seul, avec moi.

Je n'ai pas été capable de le laisser mourir seul.

Pourtant, j'avais bien laissé ma mère quelques heures, pour m'occuper de mon bébé, quand elle a décidé de partir. Elle qui n'a jamais failli à sa tâche de mère.

Je n'ai pas quitté le chevet de mon père les 3 derniers jours avant sa mort et j'y suis allée quotidiennement pendant des semaines.

Je l'ai lavé. Je l'ai changé. Je l'ai recouché alors qu'il tentait de se sauver. Je l'ai écouté m'engueuler car je n'avais pas encore fait déménager ses bibliothèques de livres à l'hôpital. Je l'ai écouté me lister des noms de gens que je devais retrouver.

Mon père est mort, quasi seul. Parce qu'il a créé cette solitude autour de lui.

Il n'a été le héros de personne.

C'est dur de l'écrire, mais mon père n'était pas un être humain agréable, de façon générale.

J'ai bien sûr quelques souvenirs de lui, des bons même...

Mais n'est-ce pas là la seule beauté des départs? On ne se rappelle presque que du positif.

Pourtant, entre moi et mon père, il y en a eu, du négatif.

Il n'a pas été mon héros, et pourtant, il a si souvent écrit à quel point j'étais le plus merveilleux bonheur de sa vie. Il a toujours eu tant de misère à accorder ses actes avec ses écrits.

Il a passé ses derniers jours dans un état semi-comateux, puis comateux. Juste avant de sombrer pour de bon dans un coma muet, les derniers mots qu'il m'a dit ont été "je t'aime, mon miracle".

Non, mon père n'était pas mon héros. Il a même souvent été mon fardeau.
Malgré tout, il a été celui qui m'a aimée inconditionnellement dès le premier jour de mon existence. Il a été mon père. Ni grandiose, ni remarquable, mais le seul que j'avais.



29 avril 2014

Être fatiguée-Un soir de semaine.

Pour faire suite à cet excellent billet : http://www.mamanaunplan.com/2014/04/29/etre-fatiguee-un-soir-de-semaine/ et le constat que nos soirées de semaine (et parfois de weekend) ne ressemblent pas aux pubs télés qu'on voit ou aux articles qu'on lit dans les revues... Voici... Mon propre "être fatiguée-un soir de semaine".

Comme je suis toute seule tous les soirs, la semaine, jusqu'à ce que les enfants aillent au lit.
Comme je travaille avec des enfants toute la journée et que j'ai l'impression d'empiler les "shifts".
Comme je vis un mal de tête chronique depuis août.
Comme je suis "oh-tellement-loin-d'être-parfaite"...
Voici ma soirée fatiguée.

15H: Si je suis chanceuse, je suis déjà à la maison. Sinon, je suis sur la route, stressée, à espérer arriver avant mes enfants dans l'autobus pour éviter une crise d'angoisse de miss-la-doudoune.
Je défais l'épicerie/vide ma voiture de 300 trucs/pars une brassée de lavage/me demande "qu'est-ce qu'on mange ce soir?"...

15H10: Les chiens jappent. En choeur. Fort. Les enfants arrivent. Ils chialent. En choeur. Fort.

15H12: Je me fais un café. Il sera nécessaire. Y'a pas congé de devoirs. Je répète sur le même ton "Bonjour mes amours... C'était une bonne journée?" en espérant casser la "vibe" négative.

15H15: Ils mangent. Juste après s'être chicanés pour se laver les mains en premier. Je bois mon café. Juste après avoir constaté que je n'avais plus de Bailey's à mettre dedans. J'écoute le récit de leur journée. Non. J'entends le récit de leur journée. Je pense à 20h. Je suis fatiguée-un soir de semaine.

15H25: Heure des devoirs. Toujours pas de Bailey's. Toujours pas 20h. La laveuse sonne, j'y vais en disant à mon fils "continue de lire, je t'écoute..." J'écoute le froissement des vêtements que je transfère dans la sécheuse pas mal plus que j'écoute l'histoire. Heureusement, il lit bien et il me fera le résumé après. Je ferai semblant de savoir de quoi je parle en lui posant des questions.

15H35: C'est long, des devoirs/leçons X 2 enfants. Je les envoie étudier leurs mots de vocabulaire. Pour stimuler leur autonomie, tout seuls. Pour reposer mes oreilles, aussi.

15H40: On revise les tables de multiplications. Je me demande toujours quoi faire pour souper. Pas parce que je n'ai pas de plan (j'en ai toujours un...), mais parce qu'il ne me tente pas.  Même rapide, il sera trop long. Mangé trop vite. Salira trop de vaisselle. Ne récoltera aucun merci. Ne fera pas de moi une meilleure mère. Juste plus fatiguée-un soir de semaine.

16H: Les devoirs et leçons sont normalement terminés (sinon, je déclare qu'ils le sont). Les enfants vont jouer. En fait, ma fille va jouer. Mon fils continue de parler. Je me dis que le service de garde, vu qu'ils aiment ça, serait un bon investissement si je pouvais juste déclarer "ce soir, trop fatiguée, je vais les chercher à 17h et je fais une sieste avant". Mais je ne suis pas comme ça. Je me convaincs. Je mets le papier du SDG au recyclage.

16H30: Je suis encore en train d'enfiler lavage/ramassage/remplissage de paperasse/signature de trucs et autres trucs palpitants, pour éviter de penser au souper. Pourtant, il ne se fera pas tout seul. Je me répète "ne propose pas des crêpes... c'est un faux-déjeûner-souper... c'est loooong !".

16H45: "Maman, on mange quoi ce soir? Je commence à avoir faim."

16H50: Il me semble que la soirée est longue, déjà. Ça doit être le côté sombre du bonheur de travailler à temps partiel. Ça laisse plus de temps. Mais pas quand on est fatiguée.

16H52: Je dois VRAIMENT embrayer pour un souper. Des enfants affamés et une maman fatiguée, pas super. Je vais finir par faire le souper prévu, plus par "cheap-itude" que par "envie".

17H30: On bouffe. Je maudis les assiettes en carton de ne pas être écologiques et ma conscience de l'être. J'évite la question "est-ce que je dois laver les cheveux de ma fille ce soir?" parce qu'inévitablement, ça tombe toujours  le soir où je suis crevée.

18H: Je fais la vaisselle/ramassage/début de lunchs avec mes écouteurs et mon iphone. C'est la seule façon d'avoir du silence. (ironique, je sais.)

18H30: Douche, bain. Je maudis ma conscience de ne PAS être capable de lâcher prise là-dessus.

18H50: Je deviens la MEILLEURE MÈRE DU MONDE quand je demande aux enfants s'ils veulent écouter une émission ou commencer un film. Ils ne savent pas que je le fais pour moi, pas pour eux. Ça rend ça tellement plus spécial. Je m'assois, sans l'écouter vraiment. Je maudis mon divan d'être si confortable et me demande à quel âge je n'aurai plus besoin de m'en détacher pour monter border mes enfants.

19H45: Dodo des troubadours. Je monte les border, en quittant le divan non sans chigner un peu.
Je sors les vêtements, maudis les bas qui ne se rendent jamais seuls dans les tiroirs et m'obligent à les courailler alors que je n'ai plus d'énergie. Je replace les cadrans, les volumes de musique, les doudous, le chien, les toutous, les bisous.... Et puis....

Je me souviens que j'aime ça, les border. Et qu'ils vont terriblement me manquer quand ils ne rentreront pas dormir ou qu'ils monteront sans même me dire "bonne nuit"...

Puis je me rappelle à quel point je suis fatiguée, j'oublie mon romantique-mélancolique moment de maman et je dis "ok bye bonne nuit je vous aime à demain" et je descends sans regarder derrière.

J'enligne directement le divan. La télé. La doudou.

Je rechignerai et grognerai si un des enfants me rappelle.
Je pesterai contre le linge que j'ai oublié dans la laveuse.
Je me rappellerai trop tard que je devais aussi laver le linge d'éduc pour le lendemain.
Je me dirai que me démaquiller serait une bonne idée, mais qu'arrêter de me maquiller serait encore plus rentable.
J'oublierai de signer ce chèque, de retourner cet appel, de découper ces images et de lire ce fameux roman.
Je lèverai une fesse pour enlever ce bout de papier qui me dérange sur le divan et sur lequel il est écrit "to-do list". Je le lirai demain.

Mon chum arrivera environ au même moment. Trouvera encore sa blonde sur le divan. Se dira qu'on manque de loisirs. Je lui répondrai qu'en fait, on manque de Bailey's. Et de vin.
Et que demain, ça ira peut-être mieux. Ou pas. Mais qu'un jour, ce sera vendredi. Et qu'il y aura au moins des restants. Et du vin.

1 avril 2014

Poisson d'avril

Avril est le mois de l'autisme.

Le 2 avril, donc demain, c'est la journée internationale de l'autisme.
Pour cette occasion, nous vous invitons à vous habiller en bleu, pour soutenir la cause.
Parce que plus on en parle, moins ce sera tabou.

CNN a publié la semaine passée les résultats d'une étude qui démontre qu'un enfant sur 68 serait autiste, aux États-Unis.
http://www.cnn.com/2014/03/27/health/cdc-autism/

Avant longtemps, croyez-moi, vous connaîtrez tous quelqu'un qui est autiste ou qui a un enfant autiste.

D'ici là, informez-vous.
Autiste ne veut pas dire "rain man".

Vous connaissez ma fille, vous savez.
Vous la connaîtriez, vous ne sauriez pas si je ne vous l'avais pas dit.

Sur mon chandail bleu d'aujourd'hui, qui précède la journée où toute ma famille en portera un, ma fille voulait y mettre quelque chose.

"Ne bouge pas maman, je veux mettre quelque chose sur ton chandail. Mais je te dis pas c'est quoi".

(...)

"Maman, il est où le papier collant? Il faudrait que tu sois de dos par exemple... Je te dis pas pourquoi."

Je ne peux pas lui confier un secret d'importance.
Je ne peux pas organiser de surprise avec elle.

Elle déteste être surprise, mais elle aime bien le faire vivre aux autres.... À sa façon.

Parce qu'après tout, pour fêter le mois de l'autisme, il faut quand même commencer par ses classiques.

Joyeux Poisson d'Avril.
Et bon mois de l'autisme.

Profitez-en donc pour offrir votre oreille ou un coup de pouce à une famille qui vit avec l'autisme au quotidien. Croyez-moi... elles sont toutes fatiguées!