28 juillet 2015

Anémie, agonie et compagnie (part 1)

Ou le récit d'une année de "marde" (désolée!!)
Récit de problèmes de santé. Je me dis qu'avoir tant goglu dans les derniers mois, un jour, ce sera peut-être utile à quelqu'un.

Tout a commencé un peu avant l'été 2014.
Je me souviens parfaitement de la première fois... Je revenais d'un très rare souper avec mon amoureux et je lui ai dit "je crois que je fais une fausse couche... ".

Ces mots ont été prononcés de façon un peu détachée. Il faut comprendre que un, on approche plus de la quarantaine que de la trentaine. Deux, on n'essaie plus d'avoir des enfants. Trois, on n'en veut plus d'autres non plus.

Cette annonce n'en était pas une vraie. Puisque quelques semaines plus tard, le même manège recommençait.

Je perdais beaucoup de sang lors de mes menstruations, mais à en jaser à madame X et madame Y, je réalise que fin trentaine, ce n'est pas rare d'avoir des changements au niveau de nos règles.
Je me mets donc en mode "endure, c'est ça les joies d'être une femme."

C'est déjà désagréable. Au chalet de la belle-famille, quand tu te réveilles au milieu de la nuit et que tu as le bas de pyjama tout rouge, tu te dis que c'est franchement handicapant, perdre autant de sang.
Puis je commence à faire des choix en fonction de "mes dates".

Mais il y aura eu un choix, qui me semblait pourtant sécuritaire, qui me révéla que ma condition ne s'en allait pas en s'améliorant. Alors que je venais de finir ma période de règles, je me croyais en sécurité pour aller à La Ronde avec famille et neveu. FAUX.
Je n'ai fait aucun manège, j'ai visité TOUTES les toilettes de La Ronde. Et ce jour-là, j'ai réussi à inquiéter mon chum. Parce qu'il constatait vraiment pour la première fois à quel point ça prenait soudainement beaucoup de place, tout ça.

Les jours qui ont suivi La Ronde, je me sentais fatiguée. Faible. Chaque jour, quelqu'un au travail commentait mon visage blême, mes yeux cernés. Le souper et les devoirs me semblaient de grosses montagnes. Les journées interminables.
Puis, le souffle s'est mis à se faire rare. Mon coeur battait fort. Monter les escaliers pour aller me coucher me faisait "pomper la patate" à 120-125... Pas besoin d'être un grand athlète ou un prof d'éduc pour savoir que le coeur, ça ne bat pas si vite après si peu d'efforts.

Un bon matin, j'ai donc décidé d'aller consulter. Parce que ça m'arrivait de ne même pas être capable d'aller travailler, au bout de mon énergie. Trouver une clinique et un rendez-vous, ce n'est pas une mince affaire.

Jeudi matin. Le docteur me pose des questions. En conclut que je fais probablement un peu d'anémie, liée à mes saignements importants. Il entend un souffle au coeur à l'examen. Me remplit un papier pour aller passer une prise de sang, me demande d'y aller le lendemain.
Lendemain matin, première prise de sang d'une TRÈS LONGUE série. Je retourne ensuite au boulot.

Samedi matin, le téléphone sonne. C'est la clinique. "Docteur voudrait vous voir demain matin tôt, madame, c'est très important."
Samedi, toute la journée... Panique à bord. Ça y est, il a trouvé quelque chose.

Dimanche matin, bureau du doc. Votre hémoglobine est à 60 madame (vérification faite, elle devrait être entre 120 et 140). Votre fer est quasi inexistant. Repos pour plusieurs semaines et beaucoup de pilules de fer, on devrait vous remonter. (Parce que 60, c'est de l'anémie sévère. Une amie infirmière me dit "à 60, nous on transfuse quasi-direct).
Je ressors avec un papier pour une écho cardiaque (le souffle), une écho pelvienne (pourquoi je saigne autant?), un arrêt de travail de 2 mois et une prescription de fer en quantité industrielle (que la pharmacienne a hésité à me vendre!)

Décembre arrive, je passe des prises de sang aux 3-4 semaines maintenant. On passe l'écho cardiaque, il y a un souffle, mais rien d'important. Je passe l'écho pelvienne.
-Mon stérilet est introuvable. (madame, il est probablement parti avec une hémorragie, ça arrive!)
-On trouve par contre un fibrome de 5cm dans l'utérus. (on me dit avoir mis le doigt sur le bobo)
-Un kyste sur l'ovaire gauche aussi. Rien d'alarmant.

Un autre mois passe, une prise de sang, je revois le doc (entre-temps, je suis retournée au boulot, de peine et de misère, mais j'y suis.)
Ça a remonté, mais je sais que ça redescend. Il prend connaissance de l'écho, m'envoie prendre rendez-vous avec un gynéco.
Le mois de janvier est pénible. Je n'arrive pas à faire mes semaines complètes au boulot, mon 35h n'en est jamais un.

Je vois le gynéco en février. On essaie un médicament pour réduire le fibrome. On continue le fer.
Je repasse une prise de sang, encore basse, autour de 75. Je revois le doc, je repasse une écho.
Le fibrome de 5cm toujours là, le stérilet toujours pas, et le kyste est disparu.
Je revois le gynéco. Le médicament ne fonctionne pas. On en essaie un autre.
Re prise de sang. Oups, on est redescendu à 62 (encore appelée au bureau un samedi matin, définitivement, il ne blague pas quand il me dit qu'il se demande comment je fais pour me pointer avec une anémie si importante...)
Un autre arrêt de travail. Parce que tsé, moi, même à l'agonie, en général je me pointe au boulot. Au grand désespoir de tout ceux qui se demandent si je me passe la face à l'eau de Javel tellement je suis blême et les yeux vides.

Je revois le doc souvent, le gynéco, des prises de sang à tout moment.
On finit par décider de faire une intervention chirurgicale mineure, brûler l'endomètre (paroi intérieure de l'utérus). Ça me débarrasserait du fibrome, pour un temps en tous cas. Prévue début mai.

Pendant tous ces mois, j'ai fait face à de multiples symptômes. La fatigue généralisée. Canceller des projets à tous moments parce que finalement, je suis incapable de faire quoique ce soit. Être essoufflée à juste marcher. Me lever 11 fois par nuit pour aller à la salle de bains me nettoyer et me changer. Laver les toilettes de tous les endroits que je fréquente pour ne pas que quelqu'un alerte la police jugeant qu'un meurtre y a été commis. Connaître le prénom de l'infirmière au centre de prélèvenents (et qu'elle me reconnaisse quand j'appelle). Ne pas aller trop loin en voiture. Traîner PARTOUT un sac avec des vêtements de rechange. Acheter des serviettes sanitaires de nuit en quantité suffisante pour couvrir tout un camp de Jeanettes pour l'été, chaque deux semaines. Ne plus prendre aucun engagement. Porter des vêtements foncés en tous temps. Faire l'épicerie par intervalles, entre 8 visites à la salle de bains. Fuir le centre d'achats puisque les toilettes sont loin. Fuir les sorties extérieures, parce que dehors, c'est pas simple quand tu débordes...

On arrive au mois de mai, je crois être libérée.....
(à suivre ;)

1 commentaire:

Maman vite vite! a dit...

Ton histoire fait peur. J'espère que tu vas mieux.