22 février 2012

Numéros 3 et 4...

Numéros 3 et 4 n'y seront pas.

3 et 4 auront été précédés de 1 et 2.
3 et 4 auront été précédés d'allergies alimentaires sévères, de dyspraxie, de déficit d'attention avec hyperactivité, d'anxiété et d'autisme.
3 et 4 auront été précédés par un Epipen en permanence sur soi, une visite annuelle chez l'allergologue, 1 visite hebdomadaire chez l'ergothérapeute, 1 visite hebdomadaire chez l'orthophoniste, 1 visite hebdomadaire avec la neuropsy, 4 visites annuelles de plan d'intervention avec l'école et le centre de réadaptation...

3 et 4 n'existeront jamais.
J'ai deux mains pour en tenir quatre. Sur ces quatre petites mains, deux auront besoin des miennes plus longtemps.

J'ai peur que 3 et 4 fassent déborder mes mains. J'ai eu peur.

Peur de ne pouvoir faire que des bébés défectueux.
Peur d'être responsable de l'état de mes amours.
Peur d'être la raison pour laquelle ils ont eu des larmes dans les yeux à plusieurs reprises, pas juste lorsque je les chicanais, mais aussi lorsque la vie leur pesait lourd.
Peur ...

J'ai eu peur de tous ces mots. Toutes ces statistiques.
Celles-ci toutes confondues, elles nous donnent environ 200% de chances que 3 et 4 en fassent partie.
J'ai eu peur.

J'ai eu l'envie au ventre. J'ai rêvé de bébés dans mon coeur. Ils y resteront.
Il est trop tard.

Merci bébé Louis d'avoir été le dernier bébé que j'ai aimé si fort.

6 commentaires:

Iyana a dit...

J'ai envie de te dire... de te dire... mais au fond, la seule chose importante à te dire c'est: Je pense à toi.

La Belle a dit...

Difficile de prendre une telle décision, de faire ce deuil... Surtout quand la tête se mêle avec notre coeur...
Câlin xxx

Kim a dit...

C'est bien ce que c'est, un deuil. Et il faut le vivre comme tel, avec tout ce que ça demande de temps, de larmes ou de pincements au coeur, de nostalgie, de réflexions et de cheminement pour le traverser...

Ne pas se permettre de vivre ce deuil en entier, c'est ne jamais en terminer avec celui-ci.

Il y a des décisions qui ne sont pas faciles à prendre.

Nous avions, nous aussi, parlé d'un bébé 3.
Une petite âme de plus parmi nous, des petites mains potelées, des petits yeux espiègles et brillants, un petit frère ou une petite soeur pour 1 et 2.

Mais nous connaissions les statistiques: quand un enfant est atteint d'un trouble neurologique (dyspraxie dans notre cas), la fratrie présente un risque important de présenter un quelconque trouble de forme neurologique également.
Et d'un commun accord,après réflexion, Chéri et moi avons décidé que notre famille était terminée. Pour ne pas imposer à un nouveau petit être toutes les peines et les innombrables efforts qui vont de pair avec un trouble neurologique. Un parcours de combattant. Parce que nous ne voulions pas prendre la chance d'imposer ce choc de plus à nos 2 enfants déjà nés. Parce que le coeur de papa et celui de maman ne pourraient en prendre davantage. Parce que la famille a trouvé son rythme de croisière et que d'ébranler l'équilibre ne serait pas une bonne idée.

Nous vivons aujourd'hui bien en paix avec notre décision. Le deuil est terminé. Pour nous, notre famille est complète. Papa, maman, Grande Demoiselle et Fiston. Il ne manque personne.

Mais il a fallu se permettre de cheminer et de vivre ce deuil...

Prends bien soin de toi et de ton coeur de maman.

Loreli a dit...

Merci de vos mots.

@Kim: c'est exactement ça.

En général, je vis bien avec ce "deuil", mais parfois, il refait surface et s'alourdit....

Pasko a dit...

Oui c'est un deuil, mais ta décision est tellement réfléchie! J'aime le fait que je viens de découvrir ton blog, je le mets dans mes favoris sur le mien, je reviendrai!

Francofun a dit...

C'est un deuil qui en cache beaucoup d'autres (deuils, je parle). Je te fais un câlin, on amie...